Mercredi 9 janvier 2008
Comme nous nous le sommes promis, nous revenons à Mopti. Nous retrouvons le luxe d'un vrai lit, de vraies toilettes, de vraies douches et d'une nourriture un peu plus variée qu'au pays dogon où c'était parfois plus que rudimentaire!!! 

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En même temps que nous prenons le temps d'immortaliser quelques panneaux, 

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nous cherchons à rejoindre tombouctou, ce qui est un vrai parcours de combattant.
En plus il fait un froid de canard et on a même droit à une radée.
  
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On achète un chèche, question de se réchauffer un peu la tête et on sort la polaire. 

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Patrick a pas tout compris!!  
 
Seules des pistes  en latérite rejoignent Tombouctou mais le trajet en 4X4 coûte trés cher. Finalement on se décide pour le bateau et 2 jours de "croisière" sur le Niger. Croisière est un bien grand mot compte tenu du bateau ,mais ce furent 2 jours exceptionnels.
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Nous avons voyagé avec les moutons,
 

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les pastèques énormes du Mali, les sacs de céréales, les oranges, 1 voiture et toutes les victuailles pour Tombouctou, qui, cerné par le désert n'a pratiquement aucune production de produits frais.
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Tout est apporté par le bateau qui ne navigue que lorsque le Niger est haut de juillet à décembre et ensuite par les 4X4, et apparemment c'est plutôt la galère.
 Le chargement du bateau a duré 2 jours.

On part de nuit, vers 20 heures.

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Nous avions une cabine pour 4, rudimentaire, mais convenable.

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Au dessus de nos tête, sur le pont, toute une petite population s'était installée pour 2 jours. nattes, matelas, couvertures, réchauds, gamelles, riz etc.....
 
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Au matin, lors d'une escale dans une petite ville du bord du fleuve où le bateau réparait un de ses moteurs qui ne fonctionnait plus ( même le bateau nous a fait le coup de la panne!!), des pirogues nous ont abordés pour nous proposer des victuailles. Les femmes ont alors acheté volailles, poissons qu'elles ont ensuite cuisinés avec le riz sur le bateau. C' est l'Afrique.

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Le Niger est un grand fleuve, parsemé de petits îlots d'herbe.

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 Il traverse plusieurs lacs, irrigue les rizières qui le bordent, apporte la vie tout le long de son cours où de multiples villages ont été aménagés.

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Pour l'instant, les eaux sont hautes et les maisons sont souvent dans l'eau. Les habitants se sont provisoirement retirés un peu plus loin à l'intérieur des terres.

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De petites villes dressent leurs mosquées en étendard.

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De belles maisons s'étalent le long des rives 

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et la population est là, attendant le passage du bateau comme un événement.

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Nous rencontrons cécile et Teddy qui se rendent à Tombouctou pour faire une méharée. Nous avions également envisagé cette évasion et décidons trés vite de pouvoir faire ça ensemble.

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2 jours durant, nous allons voir les paysages changer, les habitations se modifier 
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et nous arrivons en fin d'aprés midi du 2ème jour au canal qui nous ménera au terminus, à 7 km de Tombouctou.
Nous accostons. Devant nous des jeunes filles se lavent,ne cachant pas leurs belles poitrines pas encore abimées par les nombreuses grossesses, d'autres lavent le linge, d'autres la vaisselle.

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 Il y a tous les curieux, venant assister à l'arrivée du bateau.

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Et surtout il ya tous ceux qui attendent la mise en place de la planche en bois qui sert de passerelle pour se précipiter dans le bateau et récuperer les fruits et légumes qu'ils revendront les jours suivants sur les marchés de Tombouctou.

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Je me trouve prise au piège face à cette horde qui bouscule tout sur son passage.

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Je suis au bord de la planche heureusement maintenue par un body guard qui m'empêche de finir dans le fleuve.Enfin la circulation se fait dans l'autre sens et nous nous retrouvons sur la terre ferme où les propriétaires de l hôtel où nous allons sont venus nous chercher; 
 
Arrivée au Caravansérail, magnifique endroit décoré par Elia et Christian, des routards venus pour quelques jours à Tombouctou et qui ont assez succombé à son charme  pour y rester et ouvrir un "presque hotel." On dit presque, parce qu'à la différence d'un hôtel, on s'y sent chez soi. D'ailleurs trés vite on va partager ensemble repas et discussions. 

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Mais dés l'arrivée, aprés une bonne douche, il nous faut  préparer la méharée pour le lendemain matin, Cecile et Teddy devant repartir trés vite.
Nous on est prêts, on a le costume

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Ca y est, nous voilà les fesses bien calées sur nos selles ....... 2 jours à dos de dromadaire avec nuit sous  la tente et repas sableux.

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 Les bestiaux sont dociles et hormis celui de Georgey qui va se coucher de façon inattendue et projeter son cavalier au sol, il n'y aura pas d'autres incidents. Notre guide est un touareg qui  parle français et va nous raconter la vie des hommes bleus, leur  tristesse de n'être plus nomades et leur espoir de retrouver leur cher désert.

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Des dunes bordent Tombouctou au nord,
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ailleurs c'est plutot une plaine sableuse parsemée de quelques arbustes.

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On y voit passer quelques ânes

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Il faut parcourir plus de 100 kms pour trouver le vrai désert de dunes, celui qui conduit jusqu'à Taoudenni où sont exploitées les mines de sel. Encore aujourd'hui les "Azalaî", caravanes de chameaux transportant le sel jusqu'à Tombouctou  traversent le désert 1 fois par an.

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 Il parait que ces mines sont en fait un bagne politique, ce qui enlève un peu de poésie à cette image.
 
Ces 2 jours sont inoubliables.
 
Nous rentrons au caravansérail et allons dés le lendemain découvrir la mythique Tombouctou. 
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Créee par djenné dont elle est la jumelle, c'est une ville qui jusqu'au XIV ème  siècle fut à son apogée. Le commerce  en fit une ville riche . Plus tard ses universités de droit  et de théologie furent réputées internationalement .De nombreux manuscrits furent écrits par des érudits et aujourd'hui plus de 15 bibliothèques conservent et rénovent les manuscrits survivants.
 
Au XVI ème les marocains envahirent la ville et les pillards touaregs finir de ruiner la ville.
Aujourd'hui il reste le mythe et le mystère de Tombouctou, parce que des splendeurs passées il ne reste rien.
Un dénommé A. Londres a dit "...Tous y sont allés pour voir le mystère et parait- il ne l'ont point vu. Le mystère ne se voit pas, mes amis, il se sent.Il s'exprime sans voix, comme un sourd muet." 
Fort de cette affirmation nous sommes allés renifler le mystère de tombouctou.
Alors, voilà: on s'est promené dans cette ville entourée de sable 

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et on a vu le vent recouvrir la ville d'un manteau de brume. 
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On a déambulé là où des siècles plus tôt des hommes marchaient en discutant  d'un point de droit, là où les hommes des caravanes déchargeaient l'or et l'ivoire .....et le charme nous a enveloppé de cette nostalgie du passé. Peut être faut il rester longtemps pour découvrir les dessous de cette ville, cachés dans ses maisons à étages, à l'abri des simples passants. Mais cette ville on l'a aimée même si le peu de temps passé ne nous a pas permis de la découvrir complétement
Au travers des photos, peut être allez vous le sentir, ce mystère...... 

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Ca y est, l'heure du départ tape à nos montres, nous sommes an Mali depuis 1 mois. Il est temps de rentrer;
Adieu Tombouctou

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Aprés une ultime panne en plein désert,

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nous allons, aprés 4 jours et 4 nuits de voyage, regagner cette casamance que nous nous apprêtons à quitter.
Le prochain article vous viendra du Brésil.......
 
Hasta luego ( désolé on ne maîtrise pas encore le portugais!!)
 
 
   
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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Samedi 5 janvier 2008
C'est en stop que nous quittons Teriya bugu.

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Nous nous rapprochons du pays dogon mais auparavant deux nouvelles étapes, Djénné et Mopti.
Djenné fut créee au IX ème siècle.Par elle transitaient l'or, l'ivoire, la laine et les esclaves.

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Aujourd'hui il en reste une magnifique mosquée en banco
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et des ruelles où la flânerie permet de découvrir de magnifiques bâtisses. 

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 Pour nous c'est peut être la plus belle ville que l'on ait vue au mali, mais l'ambiance n'était pas terrible. la population étant moins agréable qu'ailleurs. Tant pis on a quand même déambulé dans les ruelles qui n'ont que l'inconvénient d'être traversées par les égouts à l'air libre. 

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Nous y avons croisé des femmes peules qui s'enlaidissent en se tatouant le bas du visage, vestige du passé où, d'aprés la tradition, les plus belles filles étaient offertes en sacrifice.

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Nous ne restons qu'une nuit à Djenné et repartons dés le petit matin pour Mopti.

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Mopti se trouve au confluent du Niger et du Bani. Elle a été construite vers 1800 par les bozos sur 3 îles reliées par des digues constituées de latérite et d'ordures!!!!! comme il faut chaque année remblayer les digues, la ville stocke les ordures. 
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 Je vois d'ici quelques cheveux qui se hérissent et il y a de quoi!!!
 
C'est un grand port et un grand carrefour commercial. 

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C'est d'ici que partent les pinasses pour Tombouctou pour y revenir chargées de sel 

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et de touaregs achalandés de leur production artisanale à vendre.

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C'est un marché gigantesque où se croisent toutes les ethnies du Mali et où l'ambiance est fabuleuse.On y trouve tout, poisson séché, épices, oignons séchés, savons, calebasses, tissus, couvertures peules ou touaregs, chapeaux, colliers de perles de toutes les couleurs, toubab rêveur.... 

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comme à chaque fois Sylvia et moi concluons par une phrase d'une grande sagesse," heureusement que nous n'avons pas de maison et que nous ne sommes pas venus en avion car on aurait déjà rempli les valises"
 
Nous quittons Mopti, 

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se promettant d'y repasser encore un moment au retour. On tombe en panne, bien sûr.

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Aprés 2 bonnes heures d'attente, un autre véhicule nous prend en charge. On est encore un peu plus serré que d'habitude, ce qui n'est pas peu dire.....
Et c'est reparti .....en route pour le pays dogon, un voyage dans le passé.....Celui ci s'étend tout au long de la falaise de Bandiagara longue de  80 kms qui domine une immense plaine d'où l'ennemi aurait pu v'nir!!!.

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Mais Zorette-Zangrette surveille....

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 Et c'est pour cela que les premiers habitants de cet endroit, les tellems, vivaient dans des habitations troglodytes à flanc de falaise.

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Ceux ci, qui vivaient de chasse et de cueillette se protégeaient ainsi des animaux dont regorgeait la vaste végétation de l'époque. Les dogons, fuyant l'islamisation, arrivèrent chez les tellems et entamèrent une vaste déforestation qui privèrent les habitants du lieu de leur mode de vie. En plus les dogons mirent des oignons devant chaque habitation tellem et là ce fut la goutte qu'à fait deborder le vase, . les tellems s'en furent ailleurs, là où les oignons n'existaient pas.Je ne sais pas ce qu'ils avaient contre les oignons. N'empêche que pour les dogons, ces tellems étaient des hommes magiques Et pourquoi? parce qu'ils ne pouvaient que voler pour rentrer chez eux....  Et oui et même aujourd'hui les dogons maintiennent encore mordicus que les tellems étaient magiques.... et faut pas trouver une autre solution plus cartésienne parce que ça ne plait pas du tout!!
Le pays dogon ne se visite qu'avec un guide. On a donc fait la connaissance d' Amagana,( Dieu merci ) dogon animiste avec lequel nous avons marché 5 jours en pays dogon. 
Dieu merci, c'est son nom, je précise...là sur la tête c'est une des coiffes dogons
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et cà c'est l'autre

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et ça c'est moi, j'suis sure que vous m'avez pas reconnue déguisée en dogonne

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et ça, encore une autre. Lui c'est le chasseur, ce qui veut dire que c'est le guérisseur. Il chasse les animaux dont il a besoin pour préparer ses breuvages peu appétissants. Ca rappelle les recettes de nos sorcières.

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Et là c'est la maison du chasseur... vous me croyez maintenant?

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Lui, c'est un autre chasseur-guérisseur.

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Lui il a pas de chapeau, il est pas chasseur, mais je le trouve trés beau.
 
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Et puis sa culotte parle pour lui, car plus la culotte est large, plus l'homme est vieux, comme dirait le  trés vieux hogon-dogon 
 
 
Il y a des villages sur le plateau de la falaise, 

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d'autres au flanc et pied de la falaise, 

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d'autres dans la plaine. 

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Ces villages faits d'habitations et de greniers sont absoluments depaysants. 

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Chaque quartier possède sa toguna, 

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construction sur piliers où se retrouvent le chef spirituel, le hogon, et ses conseillers pour parler, rendre la justice, prendre des décisions.Le hogon est l'homme le plus âgé du village. Quand on devient hogon, on quitte ses femmes ( ils peuvent en avoir jusqu'à 7..... messieurs arrêtez de rêver!!!!!  ) et on ne peut manger que des mets préparés par une jeune vierge. Là où ça se complique, c'est que le hogon ne peut pas toucher l'eau. C'est donc le serpent lébé (un cobra) qui vient le lécher une fois par semaine ( la semaine n'a que 5 jours). Quand on a émis l'idée que ce n'était qu'une légende, on a provoqué  une vive réaction en face: si si c'est le serpent lébé, encore aujourd'hui qui lave le hogon. Je suis heureuse d'être née femme et pas dogonne, le lavage au cobra ne m'inspire pas....
 
Il y a de magnifiques objets d'art dont les portes.

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Leurs cimetières sont les anciennes habitations tellems qu'ils atteignent au moyen de grandes cordes et les funérailles donnent lieu à plusieurs cérémonies s'étalant sur 6 mois jusqu'à ce que l'esprit du défunt quitte le village en suivant les masques dans la brousse.
 
Les dogons ont quantité de masques différents, ayant chacun sa symbolique. 

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Ils ne sont sortis de la maison sacrée des masques

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qu'à l'occasion des funérailles 

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et de la fête de Sighi qui n' a lieu que tous les 67 ans, en fonction de la position de l'étoile Sirius.C' est une cérémonie importante qui sert aussi à initier de nouveaux maîtres sighis; 
Les masques ne peuvent pas être portés par les femmes, à cause d'une qu'avait piqué le masque des fourmis que celles ci avaient prêté au lièvre qui s'est endormi sous l'arbre et hop la femme voleuse est partie avec le masque. Elle l'a caché dans son grenier et quand elle le sortait et qu'elle le portait, elle faisait peur à son mari. Et lui le pauvre, il n'avait pas le droit d'ouvrir le grenier, donc il a subi sa mègère dogonne jusqu'au jour où, elle, sûre d'elle et la  tête en l'air a oublié de ranger son masque. De là, il a inversé les rôles. Et depuis toutes les femmes sont punies à cause d'elle..... 
 
Et les fourmis, parlons en. Pas le droit de marcher sur une fourmillière et encore moins de pisser dessus. Parce que là c'est la catastrophe. L'homme n'arrivera pas à se fixer avec une seule femme , il en aura toujours de nouvelles et la femme aura plein d'hommes mais pas un seul grand amour. Alors moi, je pense qu'en Europe on a du abuser des fourmillières et que peut être pour lutter contre les divorces et tout ça il faut arrêter de pisser sur les fourmillières.
 
A part ça, les dogons ont quand même des activités plus terriennes. Ils cultivent le mil, le sorgho,

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les oignons 
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et ont donc aujourd'hui tendance à s'étendre du côté de la plaine pour être plus prés de leurs champs.
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Ils ont des ânes

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et des gnous pour les aider, mais ils utilisent encore les outils agraires ancestraux.

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Dés 4 heures du matin, on entend la musique des pilons que les femmes tapent en rythme.

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 Les récoltes sont conservées dans des greniers fermés par les réputées portes dogons.

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Celui de monsieur ne contient que le mil, celui de madame , le mil, le sorgho, ses bijoux, son argent et ses robes. Et que monsieur ne s'avise pas d'ouvrir le grenier de madame. 

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Bien qu'aujourd'hui les dogons se soient majoritairement convertis à l'Islam, ils restent trés marqués par leurs traditions animistes. Il y a partout des endroits sacrés où il ne faut surtout pas passer sous peine d'avoir des offrandes à faire ( c'est un coût exhorbitant ), ce qui explique entre autres choses la nécessité d'avoir un guide.  Imaginez, si vous rencontrez une fourmillière et que vous ne savez pas...hein!!!!!
 
Question d'intendance, on a dormi chaque soir en campement

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, en terrasse, à la belle étoile, en compagnie d'une pleine lune qui éclairait la falaise  qui nous dominait. C'était magique et peut être à ce moment là toutes les histoires que nous contait Amagana revêtaient une parcelle de réalité.

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Mythe pour mythe, on a décidé de partir pour Tombouctou. A suivre................
 
 
 
  
 
  
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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Vendredi 4 janvier 2008
Pendant que vous regardez voltigez les flocons d'une neige de décembre, nous regardons tourbillonner les grains de sable aux portes du désert......... 
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Destination Mali.
 
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Les aventuriers de la mer partent à la découverte de ce pays si grand, si beau, si hétérogène qui fut le départ de tous les grands royaumes et empires de l Afrique de l'ouest .
Mais aujourd'hui c'est un pays  pauvre....Il y a pourtant nombre de richesses ici, or, pétrole, gaz, diamants, 3 grands fleuves dont le Niger, bordés de villages bozos, ethnie vivant de la pêche;
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une terre permettant la culture du coton, du mil etc, par les bambaras et les dogons; 
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énormément de bétails élevés par les peuls et les touaregs.
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Mais le marasme économique ne permet pas au pays d'exploiter de manière autonome ce qui pourrait l'enrichir et les contrats passés avec d'autres états ne leur laissent parfois qu'une commission dérisoire.La réserve pétrolière n'est pas encore exploitée mais les américains sont bien en place au mali, la  Libye investit dans la construction de grands edifices à bamako et vient de désensabler et rallonger un canal allant du fleuve Niger à Tombouctou, l'Arabie saoudite est également bien présente et construit les mosquées, et il parait que la France est également un grand investisseur , mais c'est certainement plus discret car à part la référence fréquente à J. Chirac ,ce n'est pas trés visible pour de simples touristes de passage comme nous. 
Le Mali a également subi de grandes sécheresses qui ont appauvri des zones entières et modifié l'écosystème ainsi que la société. L'exemple le plus frappant est la mutation du peuple touareg, victime de la desertification de son territoire sur lequel les verts pâturages d'autrefois n'existent plus. Ils n'ont plus que quelques bêtes et sont obligés de s'installer en ville où ils essaient de vivre de leur artisanat en caressant le rêve impossible de pouvoir repartir au coeur du désert, comme avant, et d'y voir grandir leurs enfants en véritables hommes bleus. Les touaregs ne sont pas fondus dans la sociétè malienne et réclament aujourd'hui leur intégration.C'est entre autres choses ce qui les conduit aux événements actuels ayant lieu au nord du pays.

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Et quand on sait qu'au Mali seulement 25 à 30% des enfants sont scolarisés, on se dit que le développement économique n'est pas pour demain.
 
Tout ça fait mal au coeur car les maliens sont trés attachants; Ils sont accueillants, souriants, amoureux de leur pays, ont une culture malienne fantastique: architecture, art, musique..
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Voilà un bref  et trés résumé portrait de ce pays. que nous avions depuis trés longtemps envie de visiter. Nous voilà donc partis avec un autre couple de voileux, Sylvia et Georgey. Plus on est de fous, plus on rigole.
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 Taxis brousse, camions transformés en bus, motos, pirogues, bateau,bus, chameaux, marche à pieds, stop....On a presque tout fait, sauf le char à boeufs et l'âne, on n'a pas eu l'occas, c'est dommage .

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Nous avons parcouru plus de 5000 kms ainsi, essayant de relier un point à un autre. A l'exception du chameau, de nos pieds, des pirogues  et des motos, tous les véhicules que nous avons pris sont tombés en panne.
 
Il faut dire que même nos casses ne voudraient pas de ces véhicules tellement ils sont en piteux états.

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A la frontière par exemple tous les véhicules démarraient à la poussée, il semble que là bas les démarreurs n'existent plus. Mais nous pouvions voyager tranquille, les chauffeurs choisissent avec beaucoup de soin le gri-gri qu'ils vont s'attacher autour du ventre. Dieu est avec nous, pas la peine de serrer les fesses.....

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Aprés 3 jours de voyage nous sommes arrivés à Bamako, à 5 heures du matin, transis de froid car le bus-camion n'avait pas de vitres.

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Un voyageur malien avec qui nous avions discuté nous a proposé de nous héberger pour cette fin de nuit et a viré les 5 ou 6 personnes qui dormaient dans son salon pour nous y mettre à la place.

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Visite de Bamako, qui signifie en bambara, la rivière aux caïmans, entourée de petites montagnes et traversée par le fleuve Niger, visite de son marché, de ses rues animées. C'est une ville en plein développement , qui a vu sa population augmenter trés vite suite aux différentes sécheresses qui ont amené ici tous les espoirs d'une survie. Si le pays est pauvre, on sent qu'une petite partie des habitants de Bamako est plus à l'aise...normal c'est la capitale. Ici 80% des enfants sont scolarisés. 

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Mais il existe aussi la misère totale, à deux pas d'immeubles somptueux .

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Dés le lendemain, directio gare routière et départ pour Ségou, l'ancienne capitale des Bambaras; Nous tombons tout de suite amoureux de cette ville au bord du Niger.
 
C'est le jour du marché et toute la ville est transformée en marché. Nous marchons entre les étals de poteries, de savons, de légumes etc...

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de l'essence

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Nous voyons pour la première fois les constructions en banko, terre argileuse mélangée à la paille de mil et au beurre de karité. Celles ci sont ocres rouges et offrent à nos yeux des formes harmonieuses , vues nulle part ailleurs.

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 En suivant le marché nous arrivons au fleuve ,les pirogues et les pinasses y créent une véritable agitation.C'est facile d'imaginer l'ambiance , non?

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Comme d'hab, nous cassons la croûte dans une des nombreuses dibiteries-rotisseries où nous dégustons pour rien gigots de mouton, boeuf, foie grillé, tout ça servi dans le papier de sacs de ciment, claaasse!!!

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Pour nettoyer tout ça un petit coup de pastèque...

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Nous allons visiter un village bozo ( les pêcheurs)

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et la ville de Ségoukoro, la vieille ville de Ségou fondée au XVII ème  par Biton Coulibaly.

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Nous sommes bien à Ségou,

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mais il faut avancer. Direction Teriya Bugu où  il y a 50 ans un missionnaire français fit d'un désert une véritable oasis. Il n'y avait rien, il a foré, amené l'eau, installé des pompes, planté des arbres et a appris l'agriculture à la population pour que celle ci puisse vivre de façon autonome, a crée une école. Il est mort en 2003 et pour financer la continuité du projet, ses successeurs ont crée un centre touristique solidaire. Ca se trouve au bord du Bani, autre grand fleuve malien. On a faillit ne pas y arriver puisque notre taxi, qui déjà est tombé en panne au milieu de la piste de 40 kms qui sépare la route du centre touristique, s'est trouvé immobilisé devant les eaux du  Bani qui, suite à l hivernage inondaient la piste et tous les environs.

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L'aventure, c'est l'aventure, heureusement il y a un village bozo 
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où plutôt ce qu'il en reste car il a été dévasté par les eaux du Bani, lors du dernier hivernage et nous essayons de négocier un transport en pirogue jusqu'à Teriya Bugu. Youpi, ça marche, on est dans la pirogue que le pêcheur mène avec sa haute perche, on se demandait bien où on allait dormir!!! 
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 L'arrivée est magique, la pirogue nous mène sous les frondaisons d'un bois d'eucalyptus inondé, seuls le bruit de l'eau et le chant des oiseaux troublent le silence total.

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Teriya Bugu,c'est comme au paradis. Des arbres, des fleurs, un parc avec quantité de paons cherchant désespérément Léon (certaines choses sont universelles), 

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Partout des sculptures, portes, piliers dogons, c'est magnifique.

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Là c'est le tabouret qu'on admire,.....pas moi.

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 Aprés toutes ces journées trépidentes, on se pose pour trois jours dans ce lieu privilégié et admirons chaque soir le coucher de soleil sur le bani. 

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Nous préparons notre périple pour le pays Dogon, prochaine étape et prochain blog.....à +       
    
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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Mardi 16 octobre 2007
Vous les copains, on n'vous oubliera jamais la la la la
 
la la la la la
Cette fois vous n'entendrez pas ma voix, 
Pour cette fois vous serez bercé par les  belles rimes de Pessoa, Baudelaire, Néruda, Eluard, Aragon, Andrade...et  l'humour de Brassens.
               
                                                           XXX
Mémoire, ô fleuve, solitude s'écoulant, 
En ta hâte tu passes et malgré tout demeures, toujours semblable et malgré tout renouvelé, fleuve qui cours à ta propre poursuite.
 
 
Or une rivière s'allongea
Pour ne pas se perdre
 
Onde, où t'en vas tu?
Je m'écoule en riant jusqu'au bord de mer
 
Sur le fleuve de mai
Une voile écarlate
Fit battre le poul du vent
 
 
Si le ciel vide s'agrandissait
Cet arbre solitaire
Disparaîtrait
 
 
Que je vive pour que l'arbre ne perde pas ses feuilles, pour que le coeur de l'eau batte, pour que le jour revienne
 
 
Qu'on me cherche demain car aujourd'hui j'ai rendez vous avec les hirondelles.
 
 
Attention, les plumes débordent. Tu trembles de ne pas voler.
 
 
Je suis allé au marché des oiseaux
 Et j'ai acheté des oiseaux
 Pour toi, mon amour
 
 
Caresse lueur sous la cendre
Violette sous des roses blanches
 
La planète tourne, muette,en sa prison bleue
Et chaque jour, à l'heure du couchant, l'or resplendit sur l'eau des rivières du monde
 
Je vis en plein midi descendre sur ma tête
Un nuage funèbre et gros d'une tempête
 
O paysans du monde; j'arrive du ciel comme une méduse de l'air, comme une blanche ombrelle
J'apporte des éclairs cachés, une reserve de morts
J'apporte aussi les récoltes futures
 
Je me suis pris à caresser
La mer qui hume les orages
 
 
Dans les prairies humides, le mugissement est bleu
Nulle solitude, rien que l'espace ami
 
 
Les champs roses, verts et jaunes
Sont des insectes éclatants
Partis
De mon infini champ de mai
 
 
Homme aux deux mains utiles
 
 
 
Homme au sourire tendre
 
 
Je parle d'un jardin
je rêve
 
 
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans
 
 
Si j'entre par cette porte
Je verrai un visage déjà évanoui, dans un climat d'oiseaux
 
 
Je veux dédier ce poême à toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Q'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
 
 
 
 
 
A la compagne de voyage, dont les yeux, charmant paysage,font paraitre court le chemin
 
 
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire
 
  
Elle s'éveille et ses yeux ne sont plus
Ces îles loin à l'horizon du corps
On y pénètre on y chante on y rit
Le jour baillonne le silence
 
 
Un rayon de soleil entre deux diamants
Et la lune qui fond sur les blès obstinès
Une femme immobile a pris place sur terre
Dans la chaleur elle s'éclaire lentement
Profondement comme un bourgeon et comme un fruit
Dans la chaleur la nuit fleurit le jour mûrit
 
 
Tu peux m'ôter le pain
M'ôter l'air si tu veux:
Ne m'ôte pas ton rire
 
 
Belle
Pareil à l'eau qui sur la pierre fraîche de la source
Ouvre son grand éclair d'écume
Est ton sourire
Belle
 
 
Le desert et la forêt embaument tes tresses rudes
Ta tête a les attitudes de l'énigme et du secret
 
 
Avec ses vêtements ondoyants et nacrés
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse
 
 
Quand il atteint sa totale grandeur
Je reconnais ma belle visiteuse, c'est elle! noire et pourtant si lumineuse
 
 
Sur ta chair le parfum rode
Comme autour d'un encensoir, tu charmes comme le soir
Nymphe ténébreuse et chaude
 
 
J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés
D'où semblent couler des ténèbres
Tes yeux, quoique trés noirs,m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas tout à fait funèbres
 
 
Elle dort longuement
Je l'écoute se taire
 
 
 
Ah! mon enfant, sais tu
d'où tu viens, le sais tu?
D'un lac avec des mouettes
Blanches et affamées
 
 
Comme l'enfant surpris dans ses rêves
 
 
Et la vie a tourné sur ses talons de paille
Avez vous vu ses yeux, se sont des yeux d'enfants
 
 
Tu vois un bel enfant quand il joue, quand il rit,
Il est plus petit que le petit oiseau du bout des branches
 
 
 
 
Mon enfant a des yeux obscurs, profonds et vastes
Comme toi, nuit immense, éclairés comme toi
 
 
 
 
 
Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant, n'enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux-culs sont la majorité, gloire à celui qui dit la vérité
 
 
Je ne suis pas pressé - pressé pour quoi?
La lune et le soleil ne sont pas pressés, ils sont exacts
 
 
Il avait nom corne d'Aurochs, ô gué,ô gué
Tout l' mond' peut pas s'appeler Durand, ô gué, ô gué
 
 
Certains, les yeux tournés vers le passé, voient ce qu'ils ne voient pas
D'autres, ces mêmes yeux fixés sur le futur, voient ce qui ne peut se voir
 
 
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage  
 
 
 
 
 
 
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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Vendredi 28 septembre 2007
Sous la pression des réclamations je me vois dans l'obligation de faire un nouvel article.En fait j'ai peur des redondances mais l'hivernage en Casamance apporte un peu de nouveau.
Nous devions partir au Cap Vert, nous sommes restés au Sénégal. Tout d'abord les retrouvailles avec Lina, puis une mauvaise météo en Atlantique, puis l'attaque vicieuse de quelques microbes qui nous a mis l'un aprés l'autre au tapis, et enfin la langueur africaine de l'hivernage à laquelle nous n'avons pas résisté. Nous nous sommes inclinés humblement devant elle et avons décidé de vivre au rythme nonchalant de cette saison bien particulière.
 
L'hivernage, c'est le ciel qui change, la lumière n'est plus la même, l'air est plus pur.
  
Les nuages arrivent en même temps que quelques oiseaux migrateurs.
 
 
 Le vent aussi, les tornades comme ils les appellent ici.
 
En quelques minutes le ciel se pare d'une écharpe noire qu'il enroule autour de  l'horizon. Il fait lourd, pas d'air, tout semble immobile. Encore quelques minutes et le noir avance, avance. L'air qui jusque là était d'une chaleur intenable, fraîchit.On sait que dans moins de 2 minutes, on va vivre un véritable déchaînement. Le vent commence à geindre doucement, puis le son se gonfle de ce bruit de tempête; Ca y est, on y est. Il y a 10 minutes on sirotait tranquillement un jus de bissap dans le cockpit, maintenant on est sous des trombes d'eau, le vent souffle, parfois jusqu'à 140 km/h , arrachant tout ce qui n'est pas suffisamment arrimé, le bateau se couche sous les à -coups, la houle se forme, et le bateau danse, l'eau est soulevée par le vent et coure  à la surface. On ne voit plus rien, la pluie cingle nos visages.Les éclairs illuminent le ciel, parfois de loin en loin, parfois en continu. Le tonnerre les accompagne, ou non.  Alors, trés humblement on attend, on prie pour que l'ancre reste plantée dans le sol, que le bateau ne soit pas entraîné dans un obstacle quelconque. Puis petit à petit le vent perd ses forces, il bat doucement en retraite, la houle resiste encore un moment. Maintenant on peut défier le vent et souffler un bon coup de soulagement. Tout ça a duré entre 30 minutes et 1 heure, parfois plus, rarement moins.
 
 
(Je n'ai pas pris de photos pendant la tornade, j'avais à faire avec le capitaine, donc c'est avant et à la fin.) 
 
En revanche, celle ci c'est une de notre bateau prise par les voisins pendant la bataille
 
C'est pour cela qu'à cette période, peu de plaisanciers décident de rester ici. Actuellement nous devons être  6 à 7 bateaux à tourner en casamance.  A partir de novembre il y en aura 40, 50 ou plus.
 
Nous ne regrettons pas d'être restés. La saison a commencé doucement. Deux tornades mi juin puis plus rien. Des nuages, des ciels menaçants, des éclairs, le tonnerre .....et rien. Tout le monde attend la pluie. Ici  la pluie, c'est la vie. C'est le repiquage du riz, unique production et plat de base de toute la région. C'est aussi la récupération de l'eau dans les impluviums pour tout le reste de l'année, c'est le niveau d'eau des puits qui remontent, c'est l'herbe qui va pousser, verte,drue pour nourrir les troupeaux.
Mais la pluie ne tombe pas, tout est sec.
 Il paraîtrait que dans certains villages ayant organisé les fêtes de circoncision, les féticheurs ont fait des incantations pour retarder l'arrivée des pluies. Dans les propos glanés de ci de là, on entend bien que peut être et même sûrement ce seraient eux les responsables de ce ciel stérile. Il faut dire que ce serait dommage de gâcher ces fêtes par la pluie car ce sont des événements devenus rares. Pour certains villages les dernières circoncisons ont eu lieu il ya plus de 20 ans
 
En attendant, nous on n'a plus d'eau dans nos réservoirs et on attend la pluie aussi. J'ai beau danser sous les nuages et patrick s'égosiller  pour s'accompagner à la guitare, rien n'y fait.
Alors la vie passe lentement dans notre petit coin de paradis. N'allez pas croire, on a aussi du soleil et du ciel bleu!!!  
Nous allons pêcher,
ramasser des coques sur les bancs de sable découverts à marée basse,
 chercher les huitres de palétuviers.
 
Patrick peut me menacer avec son bâton,
 
il n'aura pas mes crabes!!!
 
Mais le cochon on l'a partagé
 
Nous échouons le bateau pour le caréner
Patrick fait de l'exercice
 
Nous dévorons les livres, nous passons des moments sympas avec 2 autres voiliers qui sont au mouillage et un couple de résidents chez qui nous faisons de vrais repas du dimanche en "famille"
 
 
C'est vrai qu'il ya toutes les générations, le couple de résident est un couple mixte  en couleur et en âge, Jackie à une bonne soixantaine, Paul, 24 ans. Elle est blanche, il est sénégalais .Ils se sont mariés en décembre dernier. Ils sont super. Et elle adore aller aux champignons!!!
 
Dans leur jolie pirogue verte,
 ils nous emmènent chaque semaine au Cap Skiring,
 ville touristique du bord de mer dont la plage est fréquentée par de bien belles vaches. 
 
Patrick songe à se reconvertir, le jour antiquaire, la nuit, le sauveur des causes perdus, le cèlèbre Zorro. 
 
Les deux voiliers au mouillage sont des familles avec enfants: sur stellina, Marion et Coralie, sur Tara , Maelle. Jackie aime à retrouver ses petits enfants au travers des petites blondinettes voyageuses. Nous, on n'ose pas sortir les noursons, ça ferait vraiment trop de monde!!!!!! Les filles font l'école du CNED chaque matin, les parents sont transformés en profs et depuis la rentrée on ne  voit tout ce petit monde émerger qu'en début d'aprés midi.Et c'est du sérieux, les filles ont un super niveau scolaire.
 
Pour dire que rien n'arrête les mordus de la mer. Et tous ces enfants de l'errance sont épanouis, heureux, équilibrés. La vie familiale est intense et peut être ceci explique cela.
 
Sinon je cuisine,
 
j'ai apporté mon vice dans mon sac marin!!!! C'est plutôt sympa d'adopter les ingrédients locaux et même parfois le matériel local..... vu que les robots, les mixeurs et les batteurs sont restés à la maison. Sur le bateau, on compte l'énergie, d'ailleurs on compte l'eau aussi et on compte encore bien des choses: oublié le luxe d'une douche, de la machine à laver...etc.... mais qu'est ce qu'on est heureux!!
 
Et le capitaine, entre deux moments de répit ou de réflexion intense, chasse  au lance "-ce-que-je-trouve-sous-la-main "les hirondelles qui, de nos barres de flèches, lâchent partout et sans complexe quelques belles perles blanches.
 Le capitaine qui parle couramment japonais dit que ce sont des hirondelles kichiduoduma......
 
Quant aux autres autochtones emplumés, ils mènent leurs vies, tranquilles, tranquilles.... 
 
 
Les poilus ne sont pas à plaindre non plus...;
 
Nous on se ballade, on rencontre de beaux arbres, 
 
 des sénégalaises gaies et dansantes
 
et la nature, qui a bien reverdie.
 
Pour finir, on garde le plus beau pour le partager avec vous.
 
        
 
 
 
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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