Vendredi 22 juin 2007
 
On n'a pas envie de partir et de quitter les Bijagos qui ont encore encore tant de secrets et tant de beautés à nous faire découvrir.
Mais il nous faut regagner Dakar, notre copain Gégé se marie. Ca c'était la grande surprise de l'automne. A notre retour de Cap vert, Gérard qui nous avait précédé à Dakar nous annonce qu'il est fou amoureux.....d'une jolie sénégalaise. On n'en revient pas, il a craqué!!!! Il faut dire qu'elles sont belles ces sénégalaises et pour un homme qui se trouve un peu seul là bas, le pas est facile à franchir. Mais ce franchissement n'est pas une mince affaire. Depuis que nous vivons au Sénégal, nous nous rendons compte à quel point nous sommes différents, nous pensons différemment. Ce qui veut dire que pour un couple mixte, il va falloir que chacun fasse un grand bout de chemin vers l'autre, fasse preuve de tolérance, laisse de côté tout jugement et toute comparaison. Il va falloir comprendre le mode de vie de chacun. En fait il faut une grosse dose d'amour aussi pour apprendre à ne pas toujours avoir raison. Pour être trés honnête, on n'est pas persuadé qu'il ait raison de se lancer dans cette aventure, surtout qu' il doit se convertir et l'épouser pour pouvoir accéder à cette fleur si bien cachée.On a tellement entendu parler de situations identiques où il s'est en fait avéré que ce que recherchaient ces femmes étaient plutôt une élévation sociale,une sécurité, un confort et pour certaines.... des papiers français.
 
Mais il est sûr de lui, d'elle, de leur amour et a retrouvé la fougue de ses 18 ans. Le mariage est décidé. Ce sera un mariage mauritannien puisque la belle à une lointaine origine mauritanienne.
 
 
Alors on remonte contre vent et courant, avec une forte houle. Le capitaine est au travail, attentionné.
Les voiles ne suffisent pas, et même avec le moteur on n'avance pas: c'est la plus mauvaise navigation depuis le début de notre périple. 5 jours et autant de nuits s'écoulent avant que ,de nuit ,nous arrivions à Dakar, gigantesque planète de mille feux illuminée. C'est un spectacle magnifique, mais restons sur mer et attention aux filets des pêcheurs......On guette, on guette, le repos n'est pas pour tout de suite.Enfin, il est 10 heures, on jette l'ancre, et pour la première nuit depuis presque une semaine, on va se retrouver, couchés pour une vraie nuit de sommeil. 
 
Au réveil, premier reflexe des voyageurs: voyons voyons qui qu'c'est qu'est la et qui qu'on va retrouver!!!! ouaiiais  y'a plein de copains, maelduin, lili etc.....Laure, Nico et Sidonie nous ont préparé une jolie chanson sur le modèle de la famille tortue, laissant supposer qu'on n'est pas des rapides....ça fait toujours plaisir.!!!.....ça donne la chanson suivante : Jamais on n'a  vu, jamais on ne verra, la famille plume de lune courir aprés les rats, le papa plume de lune et la maman plume de lune et les noursons plume de lune iront toujours au pas.........( les noursons font référence à notre petite descendance d'une dizaine d'ours en peluche!!! on fait ce qu'on peut, on est trop vieux pour faire des vrais). Bon, on décide qu'ils restent nos copains quand même.!!
 
Gérard vient nous chercher, et vont commencer quelques journées inoubliables au sein d'une famille sénégalaise. Bien que le mariage ait eu lieu quelques jours avant avec une telle discretion que même le marié ne le savait pas, il y a toujours un ou plusieurs chaperons dans la maison pour surveiller les nouveaux mariés!!! les relais se font, quand les uns sortent, d'autres  arrivent. On est obligé de parler à la famille et de leur expliquer que l'on va prendre la suite et surveiller de prés les mariés pour ne pas partager notre couchage avec un ou deux chaperons sénégalais.
 
La fête de mariage va durer 2 jours. La mariée est superbe, les boubous qu'elle va porter au fil de ces 2 jours sont des splendeurs, les maquillages et coiffures sont dignes d'une cléopâtre, les bijoux clinquants chatoient de mille couleurs.
 
 
A côté d'elle, les deux hommes en bleu ont un peu moins de majesté.
 
 
 
Quant à moi, le couturier a raté mes boubous et je me retrouve cul nu. Quelques larmes plus tard, le frère de la mariée m'apporte un joli boubou appartenant à sa femme, je suis sauvée.....
 
 
Quelques femmes vont retrouver pour 2 jours, la coiffure mauritannienne de leurs ancêtres qui necessitent perles, fil, aiguille ...et savoir faire 
 
 
Une tente a été dressée devant la maison, dans la rue et les musiciens sont installés. 
 
 
 
 
 
Les notes s'égrennent en mélodies magnifiques au gré desquelles danseurs et danseuses évoluent avec grâce.
  ou bonne séance de gym......
 
 
  
 Les mains sont fascinantes, les doigts, les poignets entament des mouvements agiles et gracieux, et au bout d'un bras qui se tend ou se courbe, semblent  s'adresser à un auditoir subjugué.
 
  
Les griots s'agitent
 
 2 jours de musique et de danse, de coups de fusil, 
 
de rencontres qui vont être le prélude à cette nouvelle vie sénégauloise pour N'daye et Gérard-Mohammed.
 
Quant à nous, une fois quelques descentes à Dakar accomplies pour quelques courses, nous repartons en Casamance. Notre amie Christine vient nous voir. C'est la fête!!!!
 
On lui fait partager la "Téranga sénégalaise" ( ou le sens de l hospitalité) et nous allons ainsi passer plusieurs journées dans des familles sénégalaises,
 
 assister à des fêtes de village,
 
se ballader,
 
 faire la nouba avec nos copains allemands,
 
 faire quelques boutiques!!!
 
Notre touriste  est tombée dans une autre planète, elle est enchantée, un peu perturbée quand même, elle repart avec beaucoup d'interrogation sur cette sociète sénégalaise: rapport homme femme,le développement économique,  le rôle des ONG dans ces sociètès, le rôle du tourisme etc..... bien sur les réponses ne peuvent être que manichéennes. 
 
Christine partie, nous rejoignons Kachiouane et les copains pour fêter Pâques avec le village.
 
Journée où le vin de palme va couler à flot, même pour les enfants.
 
 Les femmes font la cuisine au rythme des djembés, le soleil brille, la vie est belle.
 
Nous partons ensuite pour quelques jours dans le bolon de Kalissaye qui s'ouvre sur l'océan.
 
 Il en est séparé par des bancs de sable qui affleurent l'eau, où des milliers de pélicans se  regroupent.
 
 Ici tout est calme, il n'y a que quelques petits villages de pêcheurs, cachés derrière les palétuviers. Quelques visites toutefois.......telle cette belle princesse des mers dont il faut éviter les baisers....
 
On se sent seuls au monde, les grandes plages de sable aux milliers de coquillages nous rappellent les Bijagos.
 
Nous rejoignons Ziguinchor. chelsea marine, la fille de patrick vient quelques jours nous faire un coucou. 
C'est tout le bonheur d'un père et d'une fille qui se retrouvent aprés tout ce temps. Les journées s'écoulent vite, d'autant plus qu'il faut préparer notre voyage en France. Chelsea s'en va, on sait que dans 4 jours, elle vient nous chercher à l'aéroport de St Exupery.
 
Nous quittons Ziguinchor par le ferry, le Willis, ( et non par la pirogue) avec quelques copains qui comme nous rejoignent l'Europe.
 
Le matin nous arrivons à Dakar dans un brouillard à couper au couteau.
Par moment, quelques immeubles semblent sortir du néant pour quelques secondes avant d'être de nouveau happés par le coton brumeux.Pas l'appareil avec moi, je rage de ne pas immortaliser ces images si belles.
 
Le soir nous allons manger un poisson grillé sur la plage de N'gor, le ciel est bleu, le soleil est éclatant, il fait chaud. Le matin nous sommes à St exupéry, le ciel est gris, il pleut, il fait froid. Patrick est content de  ce contraste, on n'avait pas vu ça depuis notre départ!!! 
 coin de cheminée,
 
 barbecue sous la pluie!!!
 
Le soleil va quand même daigner apparaître et permettre de renouer avec la beauté des montagnes
 
et de se pâmer dans les bras d'un écureuil aprés avoir sniffer du muguet.
 
Le reste vous connaissez, le bonheur de retrouver sa famille, ses amis, la tristesse de les quitter de nouveau. Mais l'appel du large est là, l'appel de la liberté aussi. On a rompu avec le carcan de cette vie française, on commence peut être à devenir des inadaptés de la terre !!!! 
 
On a retrouvé notre bateau, les baobabs, les couleurs, les sénégalais et leur gentillesse, mais aussi la saison des pluies, les tornades, il est temps de partir pour la cap vert.......
    
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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Samedi 10 mars 2007
Nous quittons la quiètude des îles dos porcos pour l'île de Bubaque.
 
C'est l' île touristique des bijagos. Tourisme de pêche. Les Bijagos pullulent de poissons.... et de gros poissons.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Du coup des européens et notamment des français ont entrepris de construire des campements et organisent avec un guide de pêche des sorties à bord de leurs bateaux. Ceci met un peu d'animation et la petite ville de bubaque, ville à la terre rouge,
 
 
compte quelques épiceries, un petit marché,
 
 
 des restaurants,
 
 
  des hotels,
 
 
 des boutiques de souvenirs où chatoient les couleurs vives des tissus.
Et des arbres magnifiques
 
 
 
Nous retrouvons donc un semblant de civilisation.
Allons nous craquer pour un véhicule ?
 
 
Dés l'arrivée nous admirons la côte de cette île qui est superbe.
 
 
 Nous jetons l'ancre au bas du campement des Dauphins où Sophie et Jean Marc nous réservent un accueil chaleureux et mettent à notre disposition quelques commodités. C'est un trés joli endroit où les frangipaniers, manguiers et bougainvillées protègent du soleil et de la chaleur tout en offrant à nos regards des fleurs magnifiques.
 
Les deux premiers jours vont nous reserver de mauvaises surprises. Dés le lendemain de notre arrivée, notre mouillage casse net: 20 mètres de chaine et une ancre au fond de l'eau, le bateau qui dérape en direction des rochers. Ouf on est à bord, moteur, on s'accroche provisoirement à un corps mort le temps de se refaire un mouillage. Quand on dit qu'il faut avoir plusieurs ancres à bord, c'est bien vrai. Pendant plusieurs jours on va essayer de récuperer le mouillage perdu mais en vain. Le courant est bien trop fort et le sable a sans doute recouvert trés vite la chaîne. Bon déjà on a sauvé le bateau, alors on ne va pas trop se plaindre, ça aurait pu être bien pire......
 
Le lendemain, nous partons faire notre entrée au commissariat de Bubaque et quelques courses sur la marché. Pour la première fois depuis des mois nous fermons le bateau à l'exception d'un tout petit hublot que seul un enfant malingre pourrait franchir. Retour au bateau, nous voyons un grand hublot ouvert, l'ordinateur, la façade de l'auto radio et 2 ou 3 bricoles ont disparus, on a été cambriolé. Nous sommes attérés, l'ordinateur nous est indispensable: logiciel de navigation avec les cartes marines , les photos, les logiciels permettant la réduction des photos et mille autres choses.....Et comment naviguer aux bijagos sans les cartes. Nous en avons une  papier générale qui ne permet pas de slalomer entre les hauts fonds et les récifs. En plus nous sommes au milieu de l'archipel et il va bien falloir en sortir.... Patrick va signaler le vol à la police qui nous croit à peine: ce n'est jamais arrivé, il n'y a jamais de vol ici. C'est d'ailleurs ce que tout le monde nous dit. Mais justement l'exceptionnel de la situation va mettre tout le monde en colère. C'est le tourisme qui est mis en danger si ces exactions commencent à être commises dans les îles. 5 jours aprés, ils avaient tout retrouvé!!!! la police du port de Bissau, alertée, fouillant toutes les personnes arrivant par pirogue, a retrouvé tout le matériel. Le hic c'est que la police n'ayant pas de crédit pour les frais de fonctionnement nous a demandé de leur régler 300 euros. Pour nous pas de doute, c'est un coup monté avec la police.... Et bien on se trompait, quelques jours aprés ils nous ont restitué la somme qu'ils ont récupéré des familles des 3 voleurs. Tout est bien qui finit bien, c'est un avertissement sans frais. Du coup quelques précautions s'imposent notamment récupérer un ordinateur cassé pour laisser en appât et cacher l'autre quand on quitte le bateau.
 
C'en est fini des désagrèments, le reste de notre séjour va s'écouler de façon fort agréable.
 
Le soir nous rejoignons au bar Michèle et Claude, un couple trés sympathique et les pêcheurs passionnés desquels Patrick va prendre conseil, ce qui va lui permettre de toucher du doigt " l'esprit" de la pêche et de faire d'énormes progrés.
 
Nous assistons ainsi au retour des pêcheurs et des poissons........
 
Je pose avec des raies guitare
et me dis qu'elles ont naturellement leur masque de carnaval.....
 
Parce que là c'est carnaval. Mais cette année il est trés décevant, il n'y a pas de fonds et à part quelques masques de papier mâché.... il n'y a rien
...hormis quelques femmes qui se préparent.....
dommage. Il aurait fallut aller à Bissau mais cette grande ville pleine de misères ne nous tentait pas trop, surtout en période de carnaval où le besoin d'argent est important. Un cambriolage suffit !!!!!! 
 
Et puis, un beau soir on a vu arriver un joli voilier à la coque rouge, Lina avec à bord Sylvia et Georgey avec lesquels on a passé  quelques jours trés sympathiques.
 Donc pas envie d'aller ailleurs, en bateau les amitiés sont vouées à la brièveté et tant que c'est possible il faut en profiter. D'autant plus que nous devons partir pour Dakar, notre copain Gégé se mariant début mars.......Ce sera d'ailleurs le prochain article, mariage mauritanien à Dakar......  
 
Sur la route du départ, accompagnés par les dauphins,
 nous nous arrêtons sur une île minuscule, Quéré, qui abrite aussi un campement de pêche.
 cette île est superbe et nous y passons une aprés midi fort agréable, dont 4 minutes et 30 secondes pour en faire le tour. Peut être avons nous trouver l'île des liliputiens.....!!
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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Mardi 6 mars 2007
Dimanche 14 janvier au soir. Aprés avoir passé quelques heures posés sur un banc de sable au milieu de la casamance à attendre que la marée remonte, nous atteignons Karabane où nous rejoignons les copains.
Nous arrivons un peu tard et chacun s'affaire aux derniers préparatifs avant la grande traversée pour le Brésil.Ca nous fait tout drôle de savoir que nous quittons les copains qui font notre quotidien depuis 3 mois. Eloane et les 5 moustiques,
 
Bora qui se carapate vers la Nouvelle Calédonie où on a rendez vous dans quelques années, Bluevic et ses pt'tits suisses, Jélize qu'à faillit bijagossé avec nous...Et oui, c'est le moment de la séparation jusqu'à une prochaine fois peut être. Contrairement aux montagnes, les mers et océans se rencontrent toujours quelque part....
A Karabane, il y a aussi Maelduin
 avec Laure, Nicolas
 
et la moussaillonne Sidonie.....
 
Et Plume de lune a rendez vous avec maelduin pour l'aventure aux Bijagos.
Lundi 15, 7 heures du mat, les voiles se gonflent. Les uns derrière les autres, les voiliers entament la sortie de la casamance, slalomant entre les balises.
 
 Derniers adieux par VHF, les routes se séparent, Maelduin et nous prenons direction sud. On a prévu un petit mouillage pour la nuit à la frontière de la Guinée bissau et ensuite direction Caravella, première île au nord de l'archipel des bijagos.
 
 
Pour résumer un peu, c'est un archipel comportant une cinquantaine d'îles,
 
 
beaucoup de rochers et de bancs de sable.
 
 Le marnage est ici trés important, parfois 5 mètres d'écart entre marée basse et marée haute. Comme la profondeur de l'eau est la plupart du temps quasiment nulle hormis quelques canaux, les bancs de sable sont proches de la surface à marée haute, totalement découverts à marée basse. Ainsi on voit parfois des pêcheurs ou des oiseaux marcher sur l'eau ....!! Il nous est arrivé de naviguer pendant 1 heure ou deux les yeux fixés au sondeur annonçant un simple mètre d'eau ( les dérives relevées nous avons 80 cm de tirant d'eau!!!) angoissant une remontée des fonds.Il faut dire que nous avons un peu tenté le diable en s'aventurant dans des zones non cartographiées avec  les quelques indications d'un anglais venu ici il y a qques années. C'est quand même un peu l'angoisse!!!!! c'est l'Aventure!!!!
 
 
Donc sachant ce qui nous attend aux Bijagos, nous voulons atteindre caravella de jour, surtout que là, il y a des récifs. Tout va bien, nous mouillons les bateaux. L'île est magnifique, grande plage de sable blanc, forêt tropicale, des oiseaux partout, et pas un chat. 
 
 
On met les annexes à l'eau, Sidonie prend son seau et sa pelle et sus à la playa.
 
 
 Nico nous prépare le feu pour griller un maquereau bonite qu'il a péché entre 2 mouettes.
 
 
Pendant ce temps nous arpentons la plage pour chercher un sentier qui nous ménerait à un village mais que nenni. Il faudra aller plus loin, la plage s'étend sur des kilomètres.
Comme on n'a pas de seau, nous on roule dans le sable et surtout on admire les traces laissées par l'eau sur la plage
 
 
Le lendemain nous repartons, on est bien décidé à trouver un village, quitte à jouer les indiana jones.
Déjà on n'a pas tout perdu il ya des vaches.
 
 Donc si il y a des vaches il y a un village et si on suit les traces des vaches on trouvera un chemin.... bien mon cher watson c'est parti et on trouve le chemin aprés avoir grignoté sur des rochers et vu un oiseau gigantesque, du jamais vu.
 
 
Le sentier s'enfonce entre palmiers et autres arbres recouverts de toiles d'araignées, 
 
s' ouvre sur une clairière où de magnifiques petits oiseaux verts s'amusent comme des fous à se poursuivre dans le ciel blanc de chaleur.
 
 
 Nous entendons les singes dévalaient les branches. Nous apercevons de temps à autre quelques huttes desertes.
 
Nous croisons des arbres magiques sortis tout tordus des contes de notre enfance... 
 
 
 
Quelques croisées de chemin, on y plante nos repères, pas question de passer la nuit ici!!!! Aprés une bonne heure de marche, quelques notes de musique nous parviennent, sommes nous devenus fous ou est ce la musique des sphères chère à Platon. Non non non, c'est une flûte et  le joueur de flûte et ses copains qui avec la machette travaillent dans les bois.
 
 
 Ils nous escortent jusqu'au village d'Anipoco. Nous avons l'impression de basculer dans un autre monde. Huttes en boue rouge,
 
 femmes en pagne, 
 
 
une énorme sculpture en bois représentant un taureau  qui doit être de sortie pour les fêtes,des hommes et des femmes couchés à l'ombre de leurs toits de paille, une horde d'enfants,
une mamie édentée qui louche sur mon collier de pacotille.Je lui donne et c'est avec fierté qu'elle s'apprête pour la photo.
 
 
 Le problème ici c'est la langue. Ils parlent un créole à base de portugais et on est un peu largué. On va tout de même comprendre qu'ils ne font que réclamer: nos teeshirts, nos pantalons, des médicaments, de l'argent.... on se sent un peu déstabilisé, ils ne sont pas vraiment ce que l'on appelle accueillants, ils voient en nous des porteurs d'objets à leur donner, le reste ne semble qu'indifférence. Curieuse ambiance qui nous baigne d' un souffle de nostalgie quand on évoque  la chaleur humaine de la casamance.
 
Nous quittons Caravella pour Ilheus dos porcos, îles non habitées sauf par les porcs comme leurs noms l'indiquent.
 
 
Nous allons passer une semaine dans ce petit paradis à se promener dans la jungle, le long des plages.
 
 Chaque soir, Sidonie admire les milliers d'étoiles qui nous veillent, brillantes dans  le silence et la nuit totales d'un bout de planète oublié.
Nous allons faire un tour dans l'île de Roxa.
 
 Nous y allons en annexe car les bancs de sable empêchent tout mouillage. Même en annexe il faut calculer les marées pour débarquer et rembarquer. En fait si la marée haute nous fait débarquer sur la plage, la marée descendante découvre des mètres et des mètres de terre argileuse appelée le poto poto où on s'enfonce parfois jusqu'aux cuisses.
 
Sans compter que l'annexe se retrouve sur ce poto poto a quelques centaines de mètres de l'eau et qu'il est impossible de la porter aussi longtemps.
Certaines îles sont ainsi inabordables. Pour Roxa, on tente le coup. Nous partons avec Laure.Sur la plage nous rencontrons un sénégalais (les pêcheurs sont pratiquement tous des sénégalais) qui nous met sur le chemin du village d'Inorei.
 
 Sidonie, quant à elle nous explique comment font les lions.......
 
.En attendant de croiser les lions ( bon y en a pas ici!!)  on croise deux hommes dégueunillés, hagards qui nous regardent laure et moi comme des pains au chocolat. Leurs yeux montent et descendent des pieds à la tête et de la tête aux pieds. Heureusement qu'il y a Patrick et le Sénégalais, on se sent moins seules....!
Le sénégalais nous expliquent qu'ici les hommes sont dans une phase d' initiation qui dure  8 ans. Pendant toutes ces années ils doivent quitter leurs foyers, leurs femmes à qui ils ne peuvent plus adresser la parole sauf par messager interposé. Ils vivent dans la brousse, à l'écart. On commence à comprendre les regards lubriques des deux initiés que l'on a croisé....8 ans à l'écart de tout, ce tout étant déjà  complètement loin de tout.
 
En fait le peuple bijago est l'habitant primitif de ces îles. Il est animiste. C'est une société matriarcale, ou chacun, homme et femme va devoir subir des initiations qui durent une trentaine d'année. Il paraît qu'elles sont assez violentes. Les hommes ont les bustes plein de scarifications.
 
 
Celles ci forment des dessins harmonieux mais à quel prix de souffrance?  Le secret sur leurs coutumes est bien gardé et il semble que même les ethnologues ont du mal à avoir accés à ces connaissances.
 
Le village d'Inorei va nous laisser la même impression  qu'Anipoco.
 
On ne se sent pas à sa place dans ces villages d'un autre temps. On a l'impression d'être voyeur en déambulant dans ces villages où il n'ya rien à voir hormis ces huttes de boue au toit de chaume au demeurant trés jolies et ses habitants  trés trés exotiques.
 
 
Retour à la plage, la mer s'est retirée à une centaine de mètres.
 
Si le poto poto ne s'enfonce pas trop, on peut peut être traîner l'annexe, sinon on est coincé là pour la nuit. On a de la chance, on ne s'enfonce qu'à la cheville.
 
 On va pouvoir retrouver nos bateaux, nico, Sidonie et ses étoiles. 
 
Maelduin doit remonter sur dakar, leur voyage aux Bijagos se terminent donc là. 
Dommage, ils ne partageront pas la tarte au citron  que nous dégustons pour mon anniversaire,
 
 
et la vaisselle que Patrick est ravi de faire.......... 
 
 
Nous on continue encore un peu. On part sur l'île de Bubaque............ 
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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Mardi 6 mars 2007
Tandis que les moutons, les cochons et les volailles profitent de leur dernier séjour terrestre
 
 avant d'être sacrifiés aux traditions des fêtes de fin d'année pour les chrétiens
 
et de Tabaschi pour les musulmans (les 2 fêtes tombent en même temps cette année),
 
 nous sommes pris dans un tourbillon d'invitations qui va nous faire vivre des moments inoubliables au coeur de familles sénégalaises.
 
Le 31 décembre nous partons pour Bignona où nous sommes conviés à participer au deuxième jour de fête d'un mariage chrétien.La  présence de nombreux militaires sur la route entre Ziguinchor et bignona va nous rappeler que la paix est encore récente et fragile.La veille, le président du conseil régional de Casamance a été assassiné chez lui à Bignona, ce qui explique ce regain de tension. D'ailleurs, la route sera fermée le soir à 18 heures et nous devrons penser à quitter la fête pour rentrer sur Ziguinchor avant.
 
En attendant, accompagnée de Vénéranda, nous nous dirigeons vers la maison du marié où nous sommes accueillis avec beaucoup de chaleur bien que nous soyons de parfaits inconnus.
Un petit verre de vin de palme et hop...à la messe. C'est notre première messe africaine et nous nous réjouissons d'y participer.Les chants, accompagnés du djembé, sont magnifiques.Aprés un petit moment passé avec les mariés, Janette et Pothin,
 et quelques invités autour d'une bouteille de champagne, nous nous rendons dans la maison de la famille de la mariée qui aujourd'hui organise les festivités ( hier, c'était la famille du marié).
 
Les deux familles arborent chacune une couleur et le vert tendre des vêtements se mêle à un orangé éclatant .
 
La fête commence, le défilé, les danses, puis le repas. Pour la circonstance, des boeufs ont été tués.
 
 
Les mariés nous demandent de les rejoindre à leur table et nous passons un délicieux moment.
La journée défile et il faut partir, c'est bientôt 18heures.....
 
Le soir nous dînons dans la famille de Vénéranda et finissons la soirée ....à l'église!! 
Nous nous régalons de la musique et des chants et sommes surpris par le prêtre qui, dans un sermon assez politisé, engage le pays à la paix et rend un trés bel hommage au président du conseil assassiné bien que celui ci soit musulman.Nous rentrons au mouillage et là surprise, un magnifique feu d'artifice nous accueille, tiré de l'hôtel devant lequel nous mouillons le bateau. La nouvelle année débute dans une explosion de couleurs...
 
Le lendemain, premier janvier c'est dans une famille musulmane que nous sommes invités à manger le lakh, plat de lendemain du tabaschi à base de mil.
 
 
Toute la famille s'est mise sur son 31, les enfants ne sont pas peu fiers,
 
 
 la grand mère non plus...
 
.Il y a des femmes de plusieurs générations et aprés le cérémonial du thé, nous allons engager entre femmes une discussion enrichissante sur la société musulmane, la polygamie etc...Journée chaleureuse et instructive.
 
Nous passons encore quelques jours à Ziguinchor et profitons encore un peu des copains qui vont partir pour le brésil, des petits restaus où nous mangeons de la viande, et vive knorr
 
.Et nous préparons l'avitaillement pour notre départ aux îles bijagos. C'est décidé tout le monde prend le large le lundi 15 de Karabane, à l'embouchure du fleuve Casamance..
 
Le rendez vous est pris mais auparavant Plume de lune va faire un petit saut à Affiniam où une grande fête est organisée. Ce village est jumelé avec Alone, une bourgade française et quelques alonais sont attendus.
Le village est en effervescence,
6 boeufs vont être tués( une fortune). La fête doit durer 3 jours. Le village attend la pirogue qui amène les français.
 
 
 La musique résonne partout; les djembés se déchaînent,
 
les danseurs aussi.
 
Une reporter avec sa caméra filme la fête.....!!!!
 
Il faut dire que les femmes sont belles
Quelques discours officiels sont prononcés au cours duquel le village remercie les Alonais pour l'aide apportée et où inévitablement quelques mots vont être prononcés en hommage aux victimes du naufrage du Joala, événement majeur au Sénégal dont chaque village a payé un tribut et la ville d'Alone aussi...Un prêtre tient une gerbe de riz dans sa main,
 
ce riz si précieux porte bonheur qui tout à l'heure va être lancé sur les danseurs
 
 
Pendant ce temps les femmes préparent le repas d'au moins 300 personnes.
 
 Comme nous sommes blancs, le comité d'accueil veut absolument que nous mangions avec  les alonais et les officiels dans un lieu où ils ont installé  tables et chaises. Non non non, pas question nous sommes invités à manger en compagnie d' amis du village. Nous on veut manger avec eux assis par terre, à même la gamelle collective. Le responsable ne veut rien entendre et nous entraîne malgré nous vers les tables où on nous fait asseoir. Desespérés, nous faisons une deuxième tentative d'explication, en vain. Alors nous apercevons une issue sur un côté et hop nous nous échappons en courant et rejoignons nos copains sénégalais. Le responsable me voyant un peu plus tard sur la place où je suis allée voir le groupe des enfants me prend par le bras en essayant de me rembarquer du côté des tables. Pour eux l'hospitalité est primordiale et ils veulent nous offrir le meilleur. J'arrive quand même à lui montrer que mon mari est avec nos amis et que je dois les rejoindre!!! 
 
Nous ne pouvons rester les 3 jours, nous devons partir,  nous regagnons notre bateau dans le bolon.
 
 
 Le son des djembés résonnent tard dans la nuit et nous nous endormons au rêve des Bijagos.
       
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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Vendredi 5 janvier 2007
Après avoir quitté Ziguinchor, nous nous dirigeons sur Djilapao.C'est un petit village situé le long d'un bolon étroit mais ses méandres en font un endroit magnifique. 
Nous jetons l'ancre devant le village et trés vite  descendons à terre.
 
  Nous sommes à trois bateaux, Bora avec Dom et Michel  
 et not' Gégé . 
  Nous cheminons au gré des sentiers bordés de baobabs que les feuilles ont déserté, ne laissant apparaître que les fruits, les pains de singe, dont on tire le jus de bouille qui est merveilleusement bon.  
 Nous passons devant les cases  et sommes surpris par le silence et le vide total, personne, pas même un enfant, étrange ambiance.... mais c'est la récolte du riz, toutes les femmes sont au champ, les hommes sont ( nous l'apprendrons plus tard) à l'intérieur et boivent le thé. Quant aux enfants, ils ne viennent que pour les vacances. Il n y a pas d'école à Djilapao et les enfants sont scolarisés soit à Ziguinchor, soit à Dakar soit pour les plus petits dans d'autres villages. Ils vivent chez des parents où dans des familles qui les accueillent le temps de la scolarité.C'est la solidarité et la grande famille africaine.
Nous finissons par rencontrer quelques habitants, Pierre, 
  Esprit, 
  Salomon, Jean Baptiste, Dominique, 
 Ernestine, et les autres. Le village est joli et possède 2 maisons atypiques, la première présente une façade décorée, 
  la seconde n a rien à envier à celle du facteur Cheval.... 
 Didier semble faire partie du décor 
Et Patrick y vit un moment magique 
 Aprés peu de temps et quelques discussions entre nous, nous décidons de passer Noêl ici .... il ne reste qu'à trouver le cochon...mais ici, ils en veulent un peu cher...
En attendant nous devons faire le plein d'agrumes et nous rendons à Affiniam où ils récoltent oranges, citrons, mandarines et pamplemousses. 
 Il y a là une forêt magnifique, des arbres gigantesques, des fromagers sans doute centenaires  
 et le singe  Rico qui a osé me dépouiller !!!. 
  De plus le village est trés beau, les maisons ont une architecture trés particulière 
 Nous repartons au bateau chargés d'au moins 10 kg de fruits, de quoi assurer notre consommation de vitamine c pour quelques temps!!!
Et nous avons trouvé le cochon!!! 
 bien sur il va falloir assurer le transport jusqu'à Djilapao et c'est Michel et Dom qui vont  hériter d'Olida sur le bateau... le trajet va bien se passer, Olida est sage. Le lendemain, à Djilapao,aprés une nuit de foire, il est confié aux soins d'Esprit. 
 Le village est beaucoup plus animé, c'est les vacances, les enfants sont arrivés.
 
Noêl approche,Nous avons proposé à Esprit, Pierre et Jean Baptiste et leurs femmes de partager la soirée du réveillon avec nous. Le porcelet sera cuit à la broche sur la plage, Dom de Bora.confectionne une bûche  à base de chocolat, pain d'épice, oranges et gingembre confits et moi un taboulé.
Le matin du 24, rebondissement, le village veut faire la fête avec nous .Ah oui!!! dis je...... mais combien sont ils? entre 1 et 150 me répond on. Oh!!!! le cochon va être bien petit pour tout ce monde!! Mais non, un deuxième cochon sera tué et préparé en daube avec du riz par les femmes du village.Super, ça va être la fête, la vraie, vivement ce soir!!!!!
Les femmes ont apporté les grandes casseroles,
  amassé le bois et mis de côté ce fameux riz de Casamance que l'on ne mange que dans les familles.Ce riz ne s'achète pas, il ne sert qu'à la consommation des habitants et il est trés trés bon. 
Le porcelet cuit,
  les femmes brassent la Daube à l'aide de grands bâtons de bois, 
  les enfants sont tous là, 
  les hommes boivent en notre compagnie, Jean Baptiste et Esprit jouent du Djembé, 
  Et puis tout est prêt, les grandes gamelles arrivent, ça sent trop bon et c'est trés bon, le temps passe,
 un peu de danse, 
  beaucoup de bavardage 
 et c'est 3 heures du matin, il est temps d'aller se coucher.
Les enfants de Djilapao n'ont pas eu de cadeaux cette année, les familles  n'ont pas assez d'argent pour ça, mais les enfants sont heureux, ils rient, ils dansent, ils tapent dans leurs mains au rythme du djembé, c'est la fête......
Esprit nous invite à manger dans sa maison le lendemain midi pour Noel.
Toute la clic de toubabs arrive chez Esprit où d'autres hommes du village sont déjà là. Tous les hommes se retrouvent à l'ombre d'une case pour les palabres. 
Tandis que la grand mère berce la petite Sénébou, 
 Irma, la femme d'Esprit est à la cuisine et nous lui tenons compagnie tandis qu'elle concocte le riz et le canard. Comme d'habitude, la cuisine est à l'exterieure de la maison, les gamelles sont à même la terre battue , le foyer recouvert d'un réchaud est alimenté par le bois et Irma comme toutes les femmes ici fait la cuisine courbée en deux. 
 Avec Dom et myriam on se demande comment elles n'ont pas le dos en compote à 30 ans, mais le fait de porter les poids sur la tête les obligeant à se tenir trés droites compense peut être la position courbée.
 
Nous mangeons copieusement.  
 La base de l'alimentation est toujours la même: le riz ou la semoule qui accompagne une viande ou un poisson avec une sauce à base d'oignons, de maggi cub , de concentré de tomate et souvent de citron, parfois avec un peu de potiron ou de patate douce. C'est délicieux...Une fois le plat terminé, Félix, un habitant de Djilapao se lève et nous invite dans sa maison, mais entre temps on va visiter la maison de Gilles et celle de Dominique....et à chaque fois c'est encore un grand plat déposé devant nous. 
 
 En fait c'est la tradition, si on avait su on aurait moins mangé de la première gamelle...!!!!
 
Au quatrième repas on n'en peut plus, on profite du départ obligé d'Yves et myriam qui doivent redescendre sur Ziguinchor pour prendre congé..... il y a encore de nombreuses maisons dans le village... et le soir il est prévu de finir le cochon sur la plage......
 
Le soir tombe, le feu est allumé, tout le monde est là. A nouveau c'est danse, djembé et bouffe 
 ........et c'est le  Kancouran... 
 .imitation du monstre qui au moment de la circonsision protège le secret des hommes ...de la curiosité des femmes, en gardant la brousse. Si le Kancouran attrape une femme, il peut lui faire ce qu'il veut même la tuer. Certaines femmes sont d'ailleurs apeurées de voir ce faux kancouran venu ce soir danser prés du feu.
 
Ici à Djilapao il n'y a que 3 maisons musulmanes, les autres sont chrétiens. Mais ils sont aussi animistes et ils croient dur comme fer aux esprits et aux génies. D'ailleurs le lendemain Dominique nous convie dans sa maison pour nous conter l'histoire de djilapao et nous parler de leurs croyances animistes qui sont en train de se perdre à cause des religions. 
  Ils n'ont plus de roi  en Casamance( entendons sage, chef suprême )  depuis fort longtemps et il nous explique que la perte de leur tradition animiste entraîne la fin de leur protection. ..."avant, nous dit Esprit, quand on voulait la pluie on chantait dans un lieu choisi, le féticheur faisait des incantations et ...il pleuvait, aujourd'hui ça ne marche plus" Dominique hoche tristement  la tête et déplore que leurs jeunes ne s'intéressent plus à ce passé traditionnaliste.
 
Pendant que nous parlons, Vivianne la femme de dominique, qui vient de rentrer des champs où elle a ramassé le riz toute la journée sous 36° de température attaque la presse des citrons au pilon. C'est la réserve qu'ils constituent pour avoir du citron toute l'année, celui ci se conservant trés bien dans les bidons qu'ils mettent au soleil. Quand je pense que nous on met notre pulco au frigo!!!! 
Les femmes sénégalaises sont admirables, elles travaillent du matin au soir et jamais ne se plaignent, elles chantent, elles rient, elles dansent et font la fête dés que l'occasion se présente.....
 
Le lendemain Bora nous invite à bord afin de finir les restes  en compagnie de Pierre et ses enfants. 
  A peu prés 5, nous a t'il dit à notre première rencontre quand nous lui avons demandé combien d'enfants il avait, 3 garçons et ..... moment d'hésitation ....3 filles...!!! mais ce n'est pas vraiment une erreur, les neveus et nièces, les enfants accueillis pour raisons diverses sont aussi leurs enfants . Les familles africaines sont immenses et ce qui est sur c'est qu'ici la solitude n'existe pas, l'hospitalité et l'entraide sont constamment présentes . Ils sont pauvres dans ce village mais pourtant que de richesses ils possèdent.
 
En fin de repas, les enfants ont chanté, ont récité quelques poëmes. Julianna, cette jeune beauté
 
 nous a récité l'Afrique. Pour ceux qui ont encore le courage de pousuivre la lecture, j'ai recopié ce texte qui est superbe. Il l'était encore plus dans la bouche de cette enfant, rythmé par cet accent africain plein de charme.
 
Afrique, mon Afrique
Afrique des filles guerrières dans la savane ancestrale
Afrique que chantent nos grand mères au bord des fleuves lointains
Je ne t'ai jamais connue
Mais mon regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur, la sueur de ton travail, le travail de l'esclavage, l'esclavage de tes enfants
Afrique, dis moi Afrique
Est ce donc toi ce dos qui se courbe
Elle se courbe sous le poids de l'humilité
Ce dos tremblant à zébrures rouges
qui dit oui aux filles sur les routes de midi
Alors gravement une voix me répondit
Fils impertinent, cet arbre robuste et jeune
C'est l'Afrique, ton Afrique qui repousse partiellement
Et obtient ta main 
Et dont les fleurs ont peu à peu la même saveur que la liberté
 
DAVID  DIOP ( 1927) 
 
Peut être y a t'il quelques erreurs de retranscription: dans ce cas, si quelqu'un connaît ce poëme, .....je corrigerai les erreurs.
 
 
 
 
 
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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