Nous quittons Dakar, Dakar, tableau vivant que traversent des hommes et des femmes au port élégant, des femmes à la cambrure insolente, à la démarche chaloupée qui dans leurs boubous magnifiquement dessinés et colorés ne peuvent qu'attirer nos regards. Dakar, la bruyante qui nous a offert tant de sourires et de palabres.
A bord nous avons un nouveau mousse, notre copain Gégé Dub, savant mélange de géo trouvetou et de Gaston Lagafe, donc ça promet.......qui nous a rejoint pour 5 semaines
Plume de lune vogue et nous embarque en direction du sud ... la Casamance
Nous arrivons aux portes de la Casamance accompagnés de dauphins et d'un magnifique coucher de soleil. Voici la première balise marquant l'entrée d'un monde magique. Pour nous, c'est un moment important. Entre navigateurs nous ne comptons plus le temps passé a planifier le passage entre mer et fleuve, comment l'aborder avec le bon courant, avec la bonne marée sans s'échouer sur un banc de sable
Parce que le deal ici, c'est d'éviter les bancs de sable..... et ben c'est raté..... Arrivés à l'entrée du premier bolon, de nuit, Plume de lune a stoppé net. Heureusement, c'est un dériveur et la remontée des dérives nous a permis de nous dégager de suite et de ne pas attendre plusieurs heures la montée de la prochaine marée.Nous avons ainsi pu admirer Gégé qui arrivant derrière nous à fond de train a fait un demi tour de dernière seconde en dérapage moyennement contrôlé pour éviter la collision Ouf c'est passé juste. Pas question d'aller plus loin, on jette l'ancre pour la nuit. Réveil magique le lendemain matin au son des chants d'oiseaux .
Cette fois c'est parti pour la découverte de la Casamance et du labyrinthe de ses bolons et marigots bordés d'arbres magnifiques où nichent des milliers d'oiseaux
de palétuviers dont les racines sont recouvertes d'huîtres
de villages aux huttes couvertes de toits de paille.
Nous nous dirigeons vers le village de Kachiouane. Quelques cases
des pirogues colorées
des enfants sur la plage attendant que nous descendions à terre.L'accueil est chaleureux, des dizaines de petites mains tentent de se glisser dans les notres et c'est ainsi trés entourés que nous traversons le village.
Chaque habitant nous arrête, nous demande notre nom, d'où on vient, nous souhaite la bienvenue.Bientôt c'est le chef du village, Malik qui arrive ...et pose gentiment pour la photo
Parce qu'ici, ils adorent être pris en photo ....Amy, Marie, Cécile, Kombé et les autres
je suis conviée à la récolte du riz. Ici c'est le travail des femmes, Patrick et les gégés ne s'en plaignent pas....pour eux c'est les vacances !!!!
Le matin venu, je me prépare pour cette journée de travail sous un soleil de plomb
etje suis soulagée à midi de faire une pause autour d'une gamelle de riz avec Marie, Jean baptiste et leurs 6 enfants
J'observe pour ne pas commettre d'impairs, je me lave comme eux la main droite dans un récipient constitué d'une grosse boîte de concentré de tomate ,puis refusant la cuillère que l 'on me propose, j'essaie comme eux de faire des boulettes de riz avec ma seule main droite. C'est une catastrophe, le riz s'écrase dans la main, il me passe partout entre les doigts,et toujours pas de boulette.Et zut..., si je pouvais utiliser cette satanée main gauche !! mais pas question, religion oblige. Les enfants sont pliés de rire, et les adultes vont bientôt s'y mettre quand au bout d'une demi heure passée avec des poules à 10 cm de moi, je change de place en leur expliquant que j'ai peur de ces oiseaux là!!!!!!
A Kachiouane, il y a un puits super beau construit par BalilaÏ, un français qui vit là depuis 7 ans et l'eau y est potable
Aujourd'hui c'est le jour de la lessive pour les plumeaux. Arrivés prés du puits, nous entendons un bruit de froissement.... et devant nous ...à 50 cm, un long et gros ruban noir... ce n'est qu'un gros naja cracheur!!!!! on avait un peu oublié qu'ici c'est l'Afrique et qu'il y a quelques bestioles dangeureuses!!!
Reste bien caché naja cracheur, on fera notre lessive quand même et on se douchera, même pas peur ...
Les jours s'écoulent, les hommes pêchent, enfin essayent... on a investit dans un filet et il faut prendre la technique.
Super , on va se faire une ventrée de crabes, du poisson au barbecue, c'est la fête...
D'ailleurs les rapetous sont contents......
Et puis on se balade un peu dans la brousse, on rencontre des baobabs, arbres vénérés d'une immense générosité envers les hommes.
Ses fruits pour la pharmacopée, les jus de fruits , le bois pour les pirogues, les instruments de musique et le papier et ses fleurs pour les cérémonies. Mais son usage le plus sacré est celui de tombeau pour les griots, personnages à la fois magiciens, féticheurs, sages et gardiens de la mémoire du pays. Et il n'est pas impossible de croiser ça et là quelques génies venus se ressourcer à l'ombre de baobab.
Aprés une courte visite au village d'Elinkine, nous partons à Nioumoune
Ce village composé de quatre quartiers est assez grand et les habitants y sont adorables.Comment ne pas craquer devant devant tant de sourires, tant de gestes d'hospitalité, et devant tant d'espiègleries !!!!
ils sont drôles, ont de l'humour. C'est comme ça que je me retrouve avec une cuvette d'eau sur la tête dans la file des femmes qui va et vient, puisant l'eau dans les rizières
et la vidant dans les tranchées de construction de maisons en terre séchée
Avec des yeux pétillants de malice et le sourire un peu moqueur, elles m'ont amenée manu mlitari ,, roulée un chiffon sur la tête et posée la cuvette et elles ont bien rigolé... moi aussi d'ailleurs!!
L'artiste du village, lui, va prêter sa guitare à Patrick......oh ce n'est qu'un coup à prendre
C'est aussi la rencontre avec les récolteurs de vin de palme qui vont nous convier dans leur camp où ils s'installent pour plusieurs mois.Ils construisent la hutte en utilisant uniquement les ressources du palmier.
Ils nous expliquent leur travail avec démonstration à l'appui. Et quand xavier monte au tronc avec la corde de palmier enroulée autour de lui, je me dis qu'il me faut essayer...
Là aussi il y a un coup à prendre et comme il n'est pas pris, je me retrouve les fesses par terre....rires...tant pis...( et non y a pas de photos!!). Les récolteurs nous invitent à partager leur repas (toujours sans cuillère!!) et le vin de palme qui se boit à la louche. Balilaï en me la passant me conseille de ne pas la remplir car on boit tout le contenu puisé. Le vin est frais, récolté du matin pas encore alcoolisé ni fermenté, c'est trés bon et la louche passe et repasse à mon grand plaisir
Ici, la récolte du riz ne va pas tarder, une petite quinzaine. Devant chaque maison, le riz restant de l'an passé est exposé, trié, tamisé avant d'engranger la nouvelle récolte
Patrik a trouvé une nouvelle fiancée prénommée Silence (et oui c'est authentique) mais comme elle veut le mettre au boulot, ça ne dure que le temps d'une photo!!!
Il est temps de quitter Nioumoune et son si beau bolon où Plume de lune coulait des jours heureux et nous diriger sur Ziguinchor car le Gégé Dub doit prendre l'avion, son séjour s'achève bientôt.
Ziguinchor, ville de 100 000 habitants environ est une ville trés agréable. Elle a l'aspect d'une petite bourgade avec un centre ville petit mais trés commerçant. Tous les jours nous allons faire le marché, patates douces, potirons, bananes plantain, papayes, oranges, etc . Ici c'est à la bonne franquette, on se voit chaque jour, on s'appelle par nos prénoms, on cause un peu.... si ce n'était la présence de militaires, trés cordiaux d'ailleurs,on n'imaginerait pas qu'ici la paix ne date que de quelques mois,Paix fragile certes mais à part quelques endroits qu'il vaut mieux éviter on se sent en parfaite sécurité
Une petite halte sous le calebassier pour les hommes......
Les journées s'écoulent au gré de l'hiver sénégalais qui s'installe, plus que 30° le jour, 19° la nuit, on a sorti les duvets, les polaires, on a froid, tout le monde s'enrhume, c'est de la folie.On a malgré tout du mal à imaginer que noël est bientôt là. Et pourtant dans 2 semaines on y est, juste le temps de fêter le 18 décembre l'anniversaire de nore départ. Et oui déjà 1 an que nous avons largué les amarres, et que de bonheur depuis. Dans nos têtes tourne un kaleïdoscope de couleurs, de visages, de paysages. Il y a quelques blancs encore, celui du bleu de la mer aux antilles, de la courbe d'un lagon, d'un carnaval au brésil, les visages de nos prochaines rencontres......., donc en conséquence, l'aventure continue
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