Jeudi 12 juin 2008
Fin mars, nous quittons le Corcovado, le pain de sucre, les cariocas, nous entamons notre descente vers le sud sous les nuages et la pluie, sans vent. Le moral n'est pas au beau fixe: On a aussi quitté les copains,



et on se dit  "y'en a marre de toujours quitter."....q
uatre jours plus loin, nous arrivons sous le soleil à l'île de Santa catarina. On nous a donné l'adresse d'un couple de français, anciens voileux qui se sont installés au fond d'une petite baie et qui nous attendent.



 Devant le sourire d'Alain et le rire de Fabienne, devant un verre de caïpirinha, le moral revient, on quitte, on rencontre, on retrouve, c'est notre vie et on a choisit. Internet permet de garder le contact, et on sait qu'au détour d'un cap.....on se retrouve un jour....,  alors on relève la tête, et c'est reparti.  
Le lendemain, c'est Michou et Anton qui arrivent , ils descendent aussi sur l'argentine. le courant passe, on fera un bout de chemin ensemble. En attendant  on va se faire de belles fêtes.

 
 
Les huitres et les crevettes sont de sortie,



Nous aussi....., à la campagne et à la ville



 







Mais faut encore qu'on s'en aille. L'hiver n'est pas loin et il ne faut pas qu'on traîne. On y va, il nous faut passer sous les ponts de Florianapolis,


on a mesuré notre hauteur, normalement ça passe, mais quelle angoisse quand on en approche. Je hurle"ça passe pas", le capitaine est attentif mais pas inquiet, je tremble de partout et lui il rigole......

Bon cette fois c'est reparti


jusqu'à Rio Grande do Sul. Gros coup de vent du sud, on est content d'arriver.
 
Bientôt nous sommes 3 bateaux français au ponton, on y mène presque une vie de famille !!!!



Rio Grande do Sul c'est une ville, une ville trés agréable où il fait bon se promener,







c'est aussi le nom de la région, la région du Brésil la plus au sud qui va marquer la frontière avec l'Uruguay. Ici c'est une immense lagune, c'est Porto Allègre, ce sont des parcs avec canyons, de curieuses villes rappelant l'Allemagne, la Suisse. ....et des pingoins.



Avec l'arrivée de Sylvia et Francis, nait l'idée d'aller se faire un petit périple à l'intérieur des terres pour découvrir tout ça. Michou et Anton continuent vers le sud, nous on charge les sacs à dos et à 
vos marques c'est le départ


pas pour Joinville mais pour Porto Allègre

 
Une demi journée de visite



 

et on décide de partir dés le lendemain matin pour Cambara do sul, à la porte des parcs.


 Décision prise par le temps qui va se gâter ( on ne perd plus le réflexe météo des marins!!)
et par le sentiment d'insécurité qu'on a ressenti pour la première fois depuis notre arrivée au Brésil. Le centre de Porto Allègre ne respire pas la richesse et on sent le regard "jaugeant "de plusieurs personnes qui évoluent bizarrement autour de nous. On change vite de quartier. Le soir on doit rencontrer un brésilien qui lui réside dans un des beaux quartiers de la ville où les vitrines étalent un luxe difficile à imaginer. Le lendemain on lit dans une revue que Porto allègre est investit par une trentaine de gangs qui se partagent la ville..... on n'est pas étonné, c'est bien ce que nous avions pressenti.
 
En attendant notre car traverse une région verdoyante et boisée. L'économie principale ici découle de l'élevage et de l'industrie du bois.


 C'est le pays des gauchos.

 
 Ils vivent dans la pampa dont la qualité du sol permet l'élevage de bovins. Ils conservent leurs traditions et arborent une tenue vestimentaire particulière, pantalons larges finissant dans de belles bottes en cuir, chapeau en cuir, et se déplacent à cheval, même à la ville.


 
On se croirait dans un autre monde; On traverse des villages qui semble dater d'un autre temps. Les maisons sont en bois, certaines peintes de couleurs vives, 







Dans les jardins , les enfants s'exercent déjà au lancer de lasso en essayant d'entourer la corne d'un représentant bovin ...en bois.



Les chevaux passent, de vieilles guimbardes aussi, des vieux guettent derrière leurs fenêtres et de leurs sourires édentés nous disent  qu'ils sont contents de voir des étrangers et qu'il faut revenir les voir. C'est touchant.


 
On sent toutefois l'effet de la consiguinité, de la cachaça que les hommes avalent comme on avale un verre d'eau et de la bière.
 
Ceci étant, on n'a pas toujours l'air malin non plus!!!


 
Arrivés à Cambara do sul, on monte les guitounes dans un petit camping. Le soir, le froid tombant, nous allons nous réchauffer dans un  bar restaurant qui se trouve prés du camping; Là c'est un spectacle bien surprenant qui nous attend. Le patron porte un chapeau bavarois sur la tête, la patronne est blonde aux yeux bleus, et la musique , typiquement bavaroise, bapoum bapoum . Un peu plus tard, ils projettent sur grand écran, un spectacle musical mettant en scène les personnages de Hans et Gretel......mais où sommes nous tombés!!!!!


 
Au Brésil, pas d'erreur; Au XIXème siècle, une grosse communauté d'italiens et d'allemands sont arrivés au sud Brésil. Le nord est africain, le sud est trés européen. Noéllie, la patronne du restaurant est d'origine allemande. Sa famille est arrivée 150 ans plus tôt et elle n'a jamais mis les pieds en Europe mais la culture bavaroise est totalement ancrée dans leur vie et ils rêvent de se rendre à Munich.
 
Quand, plus tard, on arrive à Canela et Gramado, c'est le pompon....des chalets en bois comme en Suisse.




Et on y mange des fondues au fromage......délicieuses. Rien à envier aux savoyards!!!


 Chaque année, à Gramado se déroule le festival du cinéma  brésileiro et latino et accueille la jet set.



 La ville est kitch à souhait, On se croirait dans le monde de Disney .D'ailleurs, les princesses attendent leurs princes......



......qui sans doute choisissent les plus belles fleurs à leur offrir.


Ici, ça respire le luxe et l'argent à gogo et quand on pense que 80% de la population brésilienne vit dans la misère, ça nous révolte un peu.

 
 
On préfère se promener dans la nature,

visiter la plus belle forêt d'araucarias du pays,


 
 se donner le vertige au bord des canyons et s'assourdir du bruit de l'eau que les cascades projettent au fond.

 








Voir de magnifiques papillons,

 
et des singes, des vrais, qui petit à petit par curiosité descendent de branches en branches, tout en restant toujours un peu cachés. Ils sont assez nombreux et à leur approche ...sus à la remontée, courageux mais pas téméraires, on prend la poudre d'escampette......


Il y a maintenant 8 jours que nous sommes partis, nous sommes sur le chemin du retour; On a eu beaucoup de pluie, la température a bien baissée, il est temps de larguer les amarres et de filer  vers l'Uruguay;
 
Mais il va nous falloir attendre encore 15 jours avant que le temps nous permette de partir. Enfin, on quitte le ponton du musée océanographique où nous avons été bichonnés par son adorable directeur, homme cultivé, investit dans nombre d'actions d'aide auprés d'enfants en difficulté, nous mijotant de bons petits plats dans sa belle cuisine.


 Arrivée à Piriapolis, Uruguay. Cette ville respire la sérénité.






On s'y sent trés bien. On répare la pompe à eau du moteur et de nouveau on attend la  prochaine fenêtre météo. On va découvrir un peu la ville. Piria qui est son fondateur cherchait un site avec de bonnes ondes telluriques et voilà comment est née la ville; Pas étonnant qu'on s'y sente si bien. Patrick est en admiration devant les véhicules splendides d'un autre temps,qui sont nombreux en uruguay.


 En plus il y a de délicieuses glaces au Dulce de leche  qui est l'équivalent de notre confiture de lait. C'est la spécialité du pays, aprés le maté bien sûr. .... tous les uruguayens se promènent avec une thermos dans un bras et un récipient en bois de calebasse recouvert de cuir, le maté, dans lequel ils mettent  la yerba ( une herbe qui s'apparente un peu au thé, sauf que ce n'est pas du thé!!) dans l'autre. Ils versent l'eau chaude de la thermos régulièrement sur l'herbe et boivent à l'aide d'une "cuillère paille " fabriquée en métal souvent travaillé. Qu'ils soient jeunes ou vieux, sur leur lieu de travail ou dans la rue, ils ont tous  cet attirail avec eux, c'est hallucinant...




En Argentine, le maté est aussi de mise mais les argentins sont un peu plus discrets ... 
 
Moi j'ai goûté....


ça m'a mis dans un drôle d'état...!!!!!!

 
Aprés Piriapolis, Montévidéo, la capitale, trés belle ville, qui à l'origine fut construite en cuir....


 






Il y a même un world trade center avec ses 2 tours jumelles!!!!


 
J'essaie de trouver un vélo pour mes déplacements.....



Quant à Patrick, il se régale d'une parilla, grillades de viande, boudin, saucisses, tripes..... c'est délicieux.


 Ca se voit, il a l'air trés heureux, n'est ce pas?


 
A partir de là commence le Rio de la Plata, estuaire le plus long du monde avec presque 400 km.


Ce qui fait son étrangeté, c'est tout d'abord sa couleur marron,


 
 ensuite le manque de profondeur puisqu'on a en moyenne de 3 à 5 mètres d'eau seulement,pour descendre encore à moins d'un métre du côté de Buenos Aires et du rio Lujan où nous sommes arrivés avec le trouillomètre à zéro, et les dérives rentrées....C'est aussi les quelques 2000 épaves qui jonchent l'estuaire et qui constituent des obstacles puisque le manque de profondeur les laissent à fleur d'eau. Mais certaines dépassent, et à leur vue, on se  croirait dans un cimetière marin. 



Les cargos, de ce fait, suivent des chenaux dragués régulièrement. Mais il suffit d'un coup de pampéro ou de carpintero pour en envoyer quelques uns au tapis.
 
Sur ce bout de carte ( partie entre Colonia et Buenos Aires ), toute les balises noires représentent des épaves.....Ca le fait quand même!!!

 
Fuyant le mauvais temps, nous faisons une dernière étape non prévue à Colonia del Sacramento, petite ville ancienne  et superbe où nous avons flâné une journée





avant d'entamer la dernière étape jusqu'à Tigre, Argentine, à une trentaine de kilomètres de Buenos Aires.


 
La région est parcourue de canaux


 
où le sport local est de ramer à bord de botés, petites embarcations de bois.



 
On y retrouve pour quelques jours Michou, Anton, Sylvia et Francis mais ils nous abandonnent bien vite pour aller se réchauffer quelques mois au soleil de France.
 
Une nouvelle vie nous attend ici. Bien qu'il y ait une grosse crise économique en Argentine, que le pays soit en proie aux mouvements de grèves et de blocus, nous nous y sentons bien. Nous allons maintenant partir à sa découverte, le temps de prendre quelques repères, d'améliorer notre espagnol et de préparer au mieux nos escapades à l'intérieur des terres. 
 
 
 
     
 
  
 
 
Par plume de lune - Publié dans : plumedelune2
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