La bouteille de champagne Chandon argentin est au frais, les gros steaks de boeufs attendent d'être grillés. La cabine arrière est dégagée( on
a mis nos affaires chez le voisin d'a côté!!!), il n'y a pas de brouillard aujourd'hui....l'avion de Clément va pouvoir atterrir sans problème. Je n'ai pas vu mon gamin depuis 1 an et c'est un
vrai bonheur de le voir se détacher des autres voyageurs et de le serrer contre mon coeur.
Pendant une semaine, on lui fait découvrir tant Tigre que Buenos Aires. Puis c'est au tour de Marie d'arriver.
Aprés de trés courts conciliabules, on décide de partir dés le lendemain pour partir découvrir le nord ouest argentin (le NOA). Vu qu'il y a
20 heures de bus, Marie aura le temps de se reposer dans le car.
Le NOA est la région d'Argentine qui tout au nord jouxte la Bolivie et à l'ouest partage les Andes avec le Chili.
L'histoire précolombienne y est riche et la culture inca se mêle dans les nombreux musées archéologiques aux nombreuses et plus anciennes
ethnies Calchaquis, Omaguacas, Atacamas etc...
.Au musée de Salta, la présence de momies d'enfants sacrifiés par les incas retrouvés en 99 à plus de 5000 mètres d'altitude dans une excavation du volcan Lhullaillaco, prés de Salta remue
les tripes.... c'est pas si vieux tout ça. On est loin de Buenos Aires et de sa population européenne..... ici on est chez les indiens.
C'est dans le nord ouest que les espagnols ont installé leurs premières colonies du fait de la présence proche de mines d'argent à Potosi
en Bolivie. Malgré les noms d'Argentine donné à ce pays et celui de Rio de la plata ( plata veut dire argent en castillano) à l'estuaire de Buenos Aires , les espagnols
n'ont pas trouvé plus d'argent dans les sous sols argentins que de beurre en branche.... Salta et sa région gardent la trace de la colonisation dans les bâtiments de cette époque
qu'elle a su préserver.
La région est également réputée pour ses magnifiques paysages: les quebradas, vallées fluviales profondément creusées, des roches
aux couleurs surprenantes qui s'harmonisent aux reliefs sculptés par les éléments.
Et puis aprés la grisaille Buenos Aires on découvre un ciel bleu étonnant, un bleu qui pète et un soleil qui dégage une chaleur d'été.Ca,
c'est la bonne surprise, l'été en hiver.
Aprés 2 jours passés à salta,
et une bonne nuit en auberge de jeunesse, nous louons une voiture pour faire la partie sud de la ville jusqu'à Cafayate et découvrir les vallées calchaquies....des
merveilles...
parfois on se croit sur la lune
parfois à l'intérieur d'un tableau
parfois prés de temples ou chateaux en ruine
parfois dans les Andes .....ah mais on y est! !!!!
parfois on hallucine....
parfois on se croirait presque en France...
des plafonds et objets divers en bois de cactus
Et puis tout simplement des paysages
De retour à Salta,
on prépare cette fois le
périple de la partie nord, en bus cette fois.
certains voyagent bien équipés, le maté bien en main
On va jusqu'à San Salvador de Jujuy
que nous avons beaucoup aimé à cause de son ambiance et de son côté authentique même si cette petite ville est moins jolie que Salta. La ville est trés animée, le soir tout le monde
est dans la rue.
Il y a plein de marchés,
plein de marchands en plein air,
plein de buibuis et autres restaus sympas
et puis on commence à voir le changement de faciès. On commence à se sentir chez les indiens. On va y passer 2 jours en se promettant d'y repasser au retour.
De Jujuy démarre la quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine de l'humanité jalonnée de sites magnifiques
Départ pour Purmamarca ( 2192 m) et sa montagne aux 7 couleurs.
C'est un joli village qui
respire la quiétude malgré les nombreux touristes qui l'envahissent.Ici les visages et les tenues vestimentaires nous depaysent totalement.
On va dans une petite pension peu connue des touristes où un petit patio donnant sur la montagne nous enchante.
En
compagnie de Ramon rios nous partons visiter las salinas grandes. Une route en lacets nous mène jusqu'à un col à 4170 m puis redescend sur les salines qui ne sont plus qu'à 3200 m.
impressionnant ce desert blanc immense entouré de montagnes.
On redescend. Un troupeau de vigognes
puis retour à Purmamarca.
On traverse une ferme. La terre est travaillée à l'ancienne. pas de tracteurs....
On va visiter le cimetière. Un peu différent de la Ricoleta quand même, mais si certains n'ont pas de pierres tombales, il y a quand même quelques caveaux.
Le lendemain, le bus nous emmène jusqu' à Tilcara ( 2461 m) . Les enfants nous dégottent une petite auberge avec terrasse. On va y
faire de chouettes rencontres.
On va se faire quelques randonnées dans les terres aborigènes.
Puis on se dirige sur Humahuaca ( 2936 m) où nous ne restons qu'une heure puisque nous prenons un bus pour le petit village d'Iruya.
Humahuaca est une ville surprenante par l'architecture de ces bâtiments.
L'ambiance y est trés touristique mais trés baba cool
Des gamines jouent de la musique
; Patrick y achète des feuilles de coca....Obligés, vous avez remarqué que petit à petit...on monte en altitude.
A 18 heures nous prenons le car pour Iruya, 3 heures de route. Le car est beaucoup plus petit que les cars habituels, on se demande bien
pourquoi. Les bagages sont chargés sur le toit. On quitte rapidement la route pour s'engager sur une piste. On est sur les plateaux de
la puna, l'altiplano et c'est la première fois qu'on se sent vraiment dans les andes. La nuit commence à tomber. De temps en temps, le car s'arrête. Au milieu de nul part . Des gens
montent ou descendent, toujours au milieu de rien. Combien de km vont elles faire ces femmes accompagnées de leurs enfants, descendus en plein desert, au soleil couchant.
Cette fois, la nuit est tombée. Le car commence à monter, la piste est étroite, d'un côté la montagne, de l'autre le précipice. Et puis
aprés un col à plus de 4000 m, le car entame la descente dans les épingles à cheveux. On est à l'avant du car et une épingle sur deux, on surplombe le vide. C'est l'angoisse. On commence à
comprendre pourquoi le car est plus petit !!!!! On dit que le temps passe vite, mais là au bout d'1 heure, on est vachement content d'arriver !!!!
On est à Iruya ( 2730 m), la propriétaire de la pension nous attend à la descente du car et on entame à pied et sacs à dos une montée
infernale jusqu'à l'auberge.
Ce n'est que le lendemain, au réveil que l'on découvre le village d'Iruya
et les montagnes colorées qui l'enserre. C'est magnifique. On découvre aussi la rue qu'on a emprunté la veille...et on plaint les mèmés du coin ...!!! c'est plutôt un bled pour les
ânes.
Balades dans le coin
Dans les projets de départ, on devait s'arrêter là mais le temps merveilleux ( on n'a pas vu de nuages depuis notre arrivée ) et la magie des
lieux ne nous incitent pas à redescendre sur B.A.
Du coup, on décide d'aller jusqu'à la frontière Bolivienne, à la Quiaca. ( 3442 m ) La route est superbe, toujours des montagnes colorées
aux formes particulières. Et plein de troupeaux de lamas. Que de pensées pour le capitaine Haddock !!!!
C'est le dépaysement complet. A la Quiaca, ville frontière, on se sent déjà en Bolivie: les boliviennes et leurs tenues incroyables, la misère qui annonce celle de Bolivie.
Patrick et moi decidons d'aller passer une journée en bolivie. A la frontière, des quantités de personnes traversent la frontière en courant, chargés
comme des mulets. Ce sont des hommes, mais aussi des femmes et des enfants. Ils sont payés un salaire de misère pour décharger les camions argentins et amener la marchandise en Bolivie.
Comme ils courent, on se dit qu'ils doivent être payés à la marchandise transportée. Ca nous fait mal au coeur. Encore une fois, on est loin de Buenos Aires...
La ville de Villazon est trés commercante, plus attachante que la Quiaca.
Et alors pour le coup, le dépaysement est total.
Les journées sont trés chaudes, quant
aux nuits.....on est descendu à -7 et sans chauffage..ça, y connaissent pas.... mais ils ont d'excellentes couvertures.....
Petit dejeuner à -7, un plaisir!!!
Retour en Argentine, à Yavi où nous attendent les amoureux.
Une camionnette nous y amène , la tête touchant le plafond, les pieds dans les bicyclettes, nos sacs à dos sur les genoux, et
16 km plus tard, on déplie nos carcasses à Yavi petit village paumé de chez paumé mais super tranquille. On a presque envie d'y poser ses bagages.
Clément et Marie y ont déjà pris leurs marques et semblent être tombés sous le charme de ce village.Ils y ont fait quelques découvertes
Petite auberge avec cheminée où nous allons le soir nous serrer autour du feu, avec notre verre de vin argentin et nos cartes ( à
jouer!!)
Le lendemain il y a procession, Pour sa fête, les habitants de Yavi sortent San Santiago, le sosie à Clem.
Plusieurs familles sortent leurs vierges et leurs saints, défilent en musique.
La coutume veut que les habitants séparent les pattes arrières des moutons ou des chèvres en leur assénant de fortes secousses, et à chaque fois, une patte pour San
Santiago ...!!!
On est invités à manger avec les habitants , tous réunis dans la maison d'une des familles. On partage leur repas. On ne sait pas trop ce
qu'on mange, Marie a du mal à avaler un grand morceau d'intestin qui flotte dans sa soupe aux abats !!! mais respect et politesse oblige, elle va l'avaler ce machin tout
blanc...!! Pour digèrer, le curé nous fait apporter des feuilles de coca et nous montre comment on se fait la boule dans la joue. Incroyable ce curé!!!
Voilà, les vacances se terminent,
Marie repart bientôt et il est temps de repartir sur Buenos Aires. On repasse par Jujuy et de là, 22 heures de car pour rejoindre la capitale.
On en a plein les yeux, c'était presque trop de bonheur. Maintenant on a hâte
de repartir.....