plumedelune2

Jeudi 19 mars 2009
Le voyage touche à sa fin.
On a gardé le sublime pour les derniers jours, une part de rêve dans une nature de sable, de pierres, de sel, de lagunes et de volcans. Des kilomètres de nature sauvage et aride, balayée par le vent souvent glacial des Andes, mais où la vie existe malgré tout dans une rudesse inimaginable.
 





Le sud lipez et le salar d'Uyuni font l'unanimité: des paysages à couper le souffle, des paysages qui déploient leur beauté a plus de 4000 mètres d'altitude, au pied de volcans qui eux dominent à 6000 mètres. 
On est dans le sud est de la Bolivie à la frontière du Chili et de son désert d'Atacama et de l'Argentine.
De Potosi, on a rejoint la ville de Tupiza. On pourrait presque croire qu 'on nous attendait....
 
On, c'est l'équipe d'enfer, Marie et Florent, Olivia et Thomas et nous. On a quitté nos vêtements de mineurs pour revêtir celui d' aventuriers....

On part à la chasse aux infos: trouver une petite agence sympa, ou louer nous même un 4X4 et organiser notre périple. En fait c'est un peu compliqué. Les conditions sont difficiles, traversée de deserts, pas de panneaux pour retrouver son chemin, nuits glaciales, pas de possibilité de trouver ni eau , ni avitaillement, risque de pannes à cause du sable, et de crevaisons multiples à cause du terrain, pratiquement 1000 km à parcourir en 4 jours dans ces conditions difficiles....et pas de 4X4 à louer!!!
Donc on se replie sur l' agence "El grano de Oro"qui nous plaît d'emblée. Des gens simples, sérieux, pas chers et qui acceptent de nous prendre les 6 ensemble + la guitare..!!! Les agences prévoient le chauffeur et la cuisinière.On a négocié pour remplacer le soda par du vin....ça c'est bien les français !!! Nous voilà donc parés pour cette expédition de 4 jours
 
Que dire du Sud Lipez? pas grand chose....Il ne se raconte pas, il se dévore des yeux. C'est une succession d'émotions, de tableaux inoubliables, de couleurs surgissants de la grisaille, de sculptures de pierres que les éléments ont forgé avec le temps. 
 















Des quantités de lagunes se succèdent, arborant chacune des couleurs hallucinantes.










La laguna Colorada à 4300 m.Les algues microscopiques lui donne sa couleur rouge. Entourée de volcan, c'est une merveille de la nature. Comme d'autres lagunes elle abrite des centaines de flamands roses
 





La laguna verde à 4400 m. C'est la concentration de carbonate de plomb, de souffre, d'arsenic et de calcium dont l'alchimie crée cette couleur de rêve.
 
Il y en a des jaunes, des blanches, des bordeaux....
 


Dans la voiture, il y a une ambiance d'enfer. Thomas joue de la guitare, on chante, on fait quantité de jeux
 
Ruben, le chauffeur doit être doublement fatigué de nous entendre. Peut être, les pannes qui vont nous obliger à nous arrêter à plusieurs reprises sont elles simulées....!!!!! question de ne plus nous entendre!!!!!
 
On s'arrête chaque jour déjeuner. C'est encore une occasion pour les enfants terribles de s'amuser.
Quand on croise d'autres groupes tristounets ou pas sympas, on se dit qu'on a de la chance de vivre ce moment tous les 6 ensemble .


Vicky, la cuisinière nous cuisine des plats délicieux et si copieux qu'on n'arrive jamais au bout.
 
Le soir, nous nous arrêtons dans des hebergements assez sommaires où nous dormons avec un pull et 5 couvertures chaudes. Les nuits sont glaciales à cette altitude et le chauffage? le chauffage ? c'est quoi le chauffage? .......
 
Des geysers




 
Des eaux chaudes,
 
Des piscines d'eau chaude. Le plus difficile est de se déshabiller, on est à  plus de 4000 quand même!!!
 
On traverse quelques villages. On se demande comment des gens peuvent vivre ici, aussi isolés. Et les enfants, quel avenir ont ils devant eux?
 

C'est dans cette région que seraient morts Butch Cassidy et Sundance Kid aprés avoir volé la paie des mineurs de Tupiza.
 
les enfants s'amusent au gendarme et aux voleurs.......
avant
 
aprés
 
On se dirige vers le salar d'Uyuni. C'est la plus grande réserve de sel non iodé du monde. 12 106 km² de platitude à 3653 m. Il y a trés trés longtemps il y avait un lac. L'évaporation de l'eau laissa une concentration de sel . Sur 40 m. d'épaisseur se trouve le sel, de la glaise et quantité de richesses minérales dont la moitiè de la reserve mondiale de lithium.

 
Le site est protégé mais le gouvernement a bien envie d'exploiter et d'exporter cette richesse.
 
Alors ce serait la fin de cet espace à la fois paradis et enfer.... paradis pour nous les voyageurs, mais enfer pour les hommes qui exploitent le sel dans des conditions indescriptibles.
 




Nous nous levons à 4 heures afin d'arriver au salar pour le lever du soleil
 


Il y a des îles sur le salar, paradis pour les cactus
 











Aprés on fait les clowns, tentatives pour profiter des perspectives
 





toujours dans la bonne humeur
 
Retour à Tupiza dans un calme relatif...on est vannés.
 


Le lendemain on prend le car pour Villazon, à la frontière argentine. C'est là que nous nous séparons, chacun prend un chemin différent mais c'est sûr, nous nous retrouverons en France, même si respectivement nous habitons Paris, Lyon et Marseille.
Aprés les milliers de kilomètres parcourus, les heures passées dans les cars, un petit 500 km ne compte plus !!!! 
 
 
Par plume de lune
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 11 mars 2009
On a rejoint Mendoza au pied de l'Aconcagua, volcan de 6962 mètres. On est toujours en Argentine. C'est ici que sont produit la plupart des vins argentins: 70% de la production nationale... On voit tout à fait bien vos têtes arborant un sourire narquois voulant dire... ben ils ont du y passer toutes leurs vacances à les goûter les vins argentins!!!!!!  Et bien que nenni, c'est perdu, nous ne sommes restés que 2 pauvres heures a Mendoza, le temps d'apercevoir le massif de l'Aconcagua et de prendre le bus pour Santiago du Chili.

Souvenirs inoubliables, la traversée des Andes, cette fois enneigées. Des congères au bord de la route, la traversée de stations de ski, et de temps en temps l'Aconcagua qui apparait à la sortie d'un virage pour redisparaître immédiatement, juste le temps pour nous de tomber en pamoison devant une telle beauté. Désolée, cette fois il n' y aura pas de photos, pourtant elles étaient belles.....

On arrive à la frontière, on est dans la neige...on quitte l'Argentine, on arrive au Chili. Une fois de plus on va constater qu'une frontière marque de réelles différences. Au fur et à mesure que le car redescend sur le Chili , les paysages sont complètement differents des paysages argentins. La bas c'était le desert, l'aridité, ici c est vert, vert, vert, c'est luxuriant.
 
Mais le Chili est un pays géographiquement étonnant. 4300 km de long et en moyenne moins de 200 km de large, il offre toutes les paysages possibles, déserts au nord ( certains endroits n'ont jamais vu la pluie), puis en redescendant, vallées verdoyantes, forêts, pour ensuite étaler fiérement ses glaciers, ses fjords...

L'histoire se décline comme tant d'autres pays sud américains, civilisations précolombiennes, arrivée des espagnols, soumission et génocide, indépendance, dictatures et enfin démocratie.
Mais le Chili évolue trés vite. On est surpris quand on se souvient que Pinochet n'est plus au pouvoir depuis 1988 seulement.
 
Le Chili a relevé la tête, son économie est florissante, la pauvreté régresse, elle a diminué de moitié depuis 1990, et la société evolue trés vite: la loi autorisant le divorce ne date que de 2004, la peine de mort a été abolie en 2001, et depuis 2006, c'est une femme qui est présidente, Michèle Bachelet.
 
En fait, on ne va rester que 2 semaines au Chili. Trop peu de temps pour s'imprégner du pays mais ce qui va nous marquer le plus sur la société chilienne, c'est d'une part son patriotisme accru, d'autre part l'importance de la religion.
 
Lors de notre arrivée au Chili, chaque maison et chaque véhicule arborait le drapeau national. La fête de l'indépendance venait d'avoir lieu et chaque habitant avait ainsi marqué son patrotisme. Quand on est parti, les drapeaux flottaient toujours.Les Chiliens sont trés fiers de leur pays et sont aux anges quand on leur dit qu' on l'aime.
 
Quant à la religion, on ne peut que constater la forte influence de l'Eglise. On a assisté au déroulement d'une procession sur l'immense place principale de Santiago du Chili. Ils ont sorti  vierges et saints de l' Eglise San Francisco. Aprés les avoir exposés sur la place, ils les ont exhibés le long des rues; La place était comble, presque chaque personne, jeune ou vieille agitait qui un mouchoir blanc, qui un petit drapeau représentant  la vierge.

 Des gamines de 15 ans, vêtues de jeans et tee shirts courts laissant le nombril a l'air,  faisaient rouler les perles de leurs chapelets sous leurs doigts en récitant des prières avec une réelle ferveur. Dans les rues la procession s'étalait sur plusieurs kilomètres. C'était impressionnant, et même si, parait il, l'église perd un peu de son influence, on n'est pas vraiment étonné  de savoir qu'elle s'oppose fermement à tout changement d'ordre social. Elle s'est battue jusqu'au bout pour que la loi sur le divorce ne soit pas adoptée et aujourd'hui encore elle lutte contre la programmation d'une campagne sur l'éducation sexuelle des jeunes et autres réformes prévues.
 
Le Chili est un pays isolé, le pacifique d'un côté, les Andes de l'autre et ils ne subissent pas vraiment les influences extérieures, seulement les influences intérieures. Si on ajoute l'enfermement et la repression dus à la dictature pendant tant d'années, on se dit qu'ils sont vraiment en train d'exploser, dans le bon sens du terme.
 
En tout cas c'est un pays qu'on a aimé. Santiago est une ville trés agréable au pied des Andes, que l'on aperçoit parfois quand le rideau de pollution s'entrouvre,

avec de beaux monuments même si les nombreux tremblements de terre qui ont eu lieu au Chili ont entraîné beaucoup de destruction.
 
Dans cette ville vit un quart de la population totale du pays.
Nous allons arpenter les rues, passant des quartiers historiques comme celui de la Moneda où se trouve le palais présidentiel dans lequel se suicida Allende lors du coup d'état militaire,aux quartiers branchés où les bars et les restaurants s'étalent tout au long des rues, attirant une foule énorme de jeunes bien dans leurs baskets.
 
Puis nous prenons le bus et partons à la découverte de Valparaiso, cette ville mythique qui vécut apogée et décadence.
Il reste un charme suranné qui donne envie de flaner.

Le bas de la ville garde quelques anciens bâtiments mais un tremblement de terre en 1906 en détruisit  une grande partie.
cette partie basse est prise entre port et collines.

Ce sont des ascenseurs ou funiculaires qui lient la ville basse à ces collines qui ont un charme incroyable. 
sinon on monte à pied...
De là vue assurée sur la baie de Valparaiso
Les cerros sont constitués d'un assemblage de maisons de couleur
Puis on continue la remontée jusqu'au désert d'Atacama, La Serena , le petit port de Coquimba 

 Peu aprés Coquimba, nous voyageons en plein desert. A droite, à gauche, tout n'est que terres arides. Nous voyageons toute la nuit. Au réveil c'est toujours le desert.
Nous arrivons a San Pedro de Atacama, un village plein de charme  au milieu de rien 
d'où partent des excursions pour lagunes et flamants roses, volcans, oasis avec vergers, geysers, vallée de la mort.
San Pedro est dominé par le volcan Licancabur (5916m.)

Dans notre petite auberge, 

nous rencontrons Franck et Sandrine qui m'ont gentiment fait profiter de leurs photos complétant ainsi celles de Petr, de Danièle et Jean Pierre.

Entre parenthèses, je m'en vois vraiment pour faire mes articles de blog sans mes photos....vivement la Bolivie que je m'éclate un peu plus!!!!!
Ce désert d'Atacama est une merveille.
Remontée sur Arica où on apprend avec surprise qu'Eiffel a construit 2 bâtiments dont l'église.
Dans lepetit port, les pêcheurs nourrissent les pélicans, des centaines de pélicans
Et dans le musée dorment des momies d'un autre temps

On est à la frontière du Pérou. Demain on passe de l'autre côté .......   
 
    
 
 
Par plume de lune
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 9 mars 2009
  
    
On est en mars 2009. Le temps a passé depuis notre retour de voyage ,terrestre, en Amérique du sud en novembre dernier. Mais j'ai eu beaucoup de difficultés à écrire mes articles du fait du vol de nos photos à La Paz en Bolivie. 5 gigas de photos envolées, nos souvenirs d'Argentine, du Chili et du Pérou jusqu'à Puno.

 Comme je construis le texte à partir des photos mais que je prends aussi des photos en imaginant le texte, hormis la rancoeur, la colère d'avoir perdu tout ça, j ai aussi perdu l'inspiration. J'ai récupéré quelques photos des copains rencontrés au cours du voyage parce que j'avais quand même envie de poursuivre le blog et au fur et à mesure que le moral revenait, le fil de mes pensées a entrelacé souvenirs,mots, émotions, phrases et même si j'ai souvent ressenti le sentiment de frustration au rappel de certaines photos, j'ai pris un grand plaisir à reprendre le cours des jours passés dans ces endroits merveilleux. Et comme m'a dit Patrick," les plus belles images, elles sont dans ton coeur." Alors j'ai mis beaucoup de mon coeur et de ma bonne humeur dans ma prose... et c'est parti.....    
 
Ce matin, 11 septembre 2008, le ciel est gris et menaçant. Pourtant on est tout joyeux, on part en vacances!!!
Depuis quelques jours c'était l' effervescence à bord, avec entre autres une préoccupation de taille: comment faire tenir dans nos sacs à dos pas bien gros, tout le necessaire pour 2 à 3 mois de voyage, tout le nécessaire pour vaincre le froid andin et supporter la chaleur du désert, les bonnets et les crèmes solaires, les guides touristiques et les livres de détente pour occuper les heures de voyage en bus, la pilule magique pour chacune des attaques possibles d'un quelconque microbe ou virus ou d'une tourista que l'on peut croiser au détour d'un coin ou recoin d'une assiette, d une tomate, ou d'un ovni , ce qui semble impossible puisque tous ces objets sont ronds ...mais rien n'étant impossible...........,  la trousse à pharmacie est complète, celle de toilette aussi, et la lampe de poche et..et...et....bon, ben y a plus qu'à fermer les sacs. Fastoche,  une fois enlevés le... et la...et les..., ça ferme .
Deuxième préoccupation, on part où? ça barde en Bolivie, oui, mais pas partout , alors qu'est ce qu'on fait ? la décision est prise, on part pour..... l'Argentine!!!. On va aller à Rosario voir des copains argentins, et puis on verra bien aprés.
Un dernier café avec Sylvia et Francis qu'on venait juste de retrouver, et nous voilà partis pour prendre le train, puis le bus.

Direction Rosario à environ 400 km de Buenos Aires, ville natale du Che, le temps pour Patrick de faire une régate sur le fleuve Parana,

de passer 4 journées sympathiques avec German, Janette et Matteo, de se promener un peu 

 et re-bus pour Cordoba. C'est la deuxième ville d'Argentine et surtout le plus grand centre universitaire du pays.  Du coup il y a une ambiance sympathique qui donne envie d'y passer du temps.

C'est aussi la ville coloniale la mieux conservée. Il y a notamment la plus ancienne église du pays, une église jésuite dont la construction date de 1640.

Une ruelle où des centaines de photos suspendues à des fils se balancent  au gré du vent. On s'arrête. La plupart de ces clichés représentent des jeunes gens. Ces clichés datent des années 1970. Notre gaieté fond au fur et à mesure que nos regards fixent des images d'un bonheur que l'on pressent éphèmère, qui va s'arrêter d'un coup sous la semelle d'un dictateur. Cette semaine est dédiée à la mémoire des disparus de la dictature .

Plus loin les cellules dans lesquels ils ont été transférés avant de disparaitre à jamais. Aujourd'hui des radios des graffitis qui se superposent sur les murs de ces cellules permettent de retrouver le passage de certains disparus, travail de fourmis pour que  quelques  familles arrivent à faire le deuil....

On va rester 4 jours à Cordoba. On va y rencontrer Michele et Agnès, deux super nanas fans de tango avec qui on va passer de bons moments.

 Les photos d'Argentine, ce sont celles d'Agnès et celles de Danièle  rencontrée plus tard qui m' ont trés gentillement dépannée pour que je puisse faire mon blog. 
La Bolivie, c'est toujours le bazar, on décide de traîner encore un peu en Argentine. On part à la Rioja et décidons de visiter le parc national du Talampaya  et ses canyons
et celui d'Ischigualasto ou  vallée de la lune, où ,outre ses paysages spectaculaires,


on été découverts de nombreux fossiles de dinosaures qui , il y a 180 millions d'années, paissaient là tranquille dans une végétation luxuriante jusqu'au jour où les Andes firent leur apparition.
Les deux belles bêtes là dessous sont des reconstitutions en polyester d'aprés les ossements retrouvés

Maintenant c'est un desert aux paysages surréalistes. En quechua Ischigualasto signifie terre sans vie, ça veut tout dire!!
Devant une délicieuse gancia ( boisson du pays qui trouve sa place entre martini blanc et suze) on se conciliabule:
- qu'est ce qu'on fait maintenant?
- la Bolivie, toujours pareil..
- alors faisons le chemin à l'envers, partons pour le Chili....
- quelle bonne idée!!!
  
    
Par plume de lune
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 3 mars 2009
Nous quittons La Paz pour aller faire un tour à Coroico qui se niche dans la région des yungas.Cette région fait la transition entre les Andes et le bassin amazonien. Aprés tous les deserts et les zones arides que nous avons traversés depuis le début de notre périple, nous allons retrouver des forêts et la luxuriance de la végétation.
 
La route qui relie La Paz à Coroico, la fameuse route de la mort, est réputée pour le  nombre important de véhicules de tout genre qui ont sombrés dans le ravin. Il parait que c'est la route la plus dangereuse au monde.

Aujourd'hui elle est un peu moins fréquentée car une nouvelle route a été construite et contrairement à l' ancienne, ce n'est pas qu'un chemin de terre et les véhicules peuvent s'y croiser !!!! la vieille route fait aujourd'hui le plaisir des VTTistes qui se font monter le taux d'adrenaline.... Nous, nous choisissons le car, en ayant toutefois un petit regret pour la vieille route qui doit être spectaculaire. Le car est plein. On explique au vendeur de billets qu'on aimerait être devant  pour profiter du paysage...et on se retrouve dans la cabine du chauffeur..... en fait on est 6 dans cette petite cabine: Clemente le chauffeur, celui qui s'occupe des billets, une femme avec ses bagages, un enfant, et nous....avec nos sacs...! 

Le chauffeur a l'intention de prendre la vieille route, on est plutôt content. Mais le temps est détestable et son second n'est pas d'accord. La décision est prise, c'est trop dangereux, on prend la nouvelle route. Quand même, on descend de 4000 à 1750 mètres, le ravin est bien bas et le nombre de croix sur le bord de la route terrifiant. Certains virages semblent atteindre des records, ce sont de vrais cimetières....Clemente a fait le signe de croix, j'ai presque envie de faire le mien!!!!!! peut être que c'est une bonne idée d'avoir pris la nouvelle!!!
 
On arrive à Coroico, petite ville bien calme au milieu d'une végétation fabuleuse.
 

On est surpris  de croiser des boliviens noirs. Noirs noirs? oui, noirs noirs, mais avec le costume traditionnel bolivien et le chapeau melon.

En fait il s'agit des descendants des milliers d'esclaves africains arrachés de leur pays par les espagnols pour venir travailler dans les mines de Potosi et remplacer les indiens qui mourraient en grand nombre. Par ailleurs, suite à la contreverse de Valladolid, le pape venait de reconnaître  une âme aux indiens. Les africains, qui eux, étaient censés ne pas en avoir, faisaient bien l'affaire pour aller mourir dans l'enfer des mines. En fait, l'âme retrouvée des indiens ne leur servie pas à grand chose, car, en réalité, ils continuèrent comme avant à descendre sous terre, mais cette fois, avec leurs nouveaux compagnons africains.
 
 
On atterrit dans une petite pension tenue par un suisse allemand et une bolivienne. Ils sont végétariens, complétement soixante huitards, et cet endroit est un vrai bonheur .
 
Heureusement, parce qu'il va pleuvoir pendant 3 jours!!!!! On va quand même se balader un peu, mais on est trés limité par la pluie.

 Alors on se repose, le lieu est  parfait
pour cela.
 
Retour à la gare routière de la Paz où dans la foulée nous devons prendre un car pour Sucre. J'ai une tourista carabinée, je suis lessivée. Du coup je relâche ma vigilance et un sac à dos va disparaître en quelques secondes. A l'interieur mon cahier de voyage que j'écrivais chaque jour, que j'illustrais de cartes, et de documents divers, les clefs USB avec les photos du voyage et plein d'autres choses encore.... j'en suis malade, je suis en colère contre nous de notre manque d'attention et il va me falloir beaucoup de temps pour digèrer. En fait quand je me suis, trés tardivement, décidée à mettre le blog à jour, j'avais vraiment les nerfs en pensant à toutes les photos que je voulais partager et mettre en ligne et qui sont parties en fumée quelque part à La Paz....la digestion n'est pas totale !!!
 
Sucre est une jolie ville. C'est l'ancienne capitale du pays fondée en 1538 par les espagnols. A l'époque la Bolivie n'existait pas encore, c'était le haut Pérou.C'est dans cette ville que naquirent les premiers mouvements pour l'indépendance de l'Amérique du sud et c'est ici que fut proclamée en 1825, la "république Bolivar" en hommage à Simon Bolivar, le libérateur. Bolivar écrivit ici la première constitution, modèle de justice et de grands idéaux, mais qui ne fut jamais appliquée et c'est ici qu'il fut président quelques mois. Mais il rêvait de l'unification de l' Amérique du sud  et réalisant que celà n'arriverait jamais, il se retira et laissa le pouvoir au marechal Sucre, colibérateur du pays ,qui lui ,s'affranchit totalement de ce semblant d'unité en rejetant l'autorité de Buenos Aires. La Bolivie est née.

Sucre, capitale délaissée à la fin du XIX ème siècle au profit de la paz, dégage une atmosphère de calme et nous incite à flâner le long de ses bâtiments blancs .....
 
de son marché.....

Il existe non moins de 400 espèces de pommes de terre .....
 des fruits tropicaux à foison
et des petits pains speciaux pour la fête des morts... avec effigies en hommage aux personnes décédées
et des rayons boucherie à faire frémir nos services vétérinaires....
Aprés avoir vu la reproduction de la tour eiffel
( non, c'est pas une blague...) on découvre une super adresse. Si vous avez besoin un jour d'un avocat..... 
 
De Sucre, nous partons rejoindre Marie et Florent à Potosi. Eux reviennent de la jungle, on aura bien des choses à se raconter. Les filles vont pouvoir faire les clowns......
 
A l' auberge, on rencontre Olivia et Thomas. Comme Marie et Florent, ils sont partis voyager pour plusieurs mois. Equipe d'enfer, parfois rejointe par Emilie et Raphael, baroudeurs aussi, on va se passer des moments fantastiques, soirée guitare et chants, jeux, rigolades mais aussi discussions sérieuses......
Mais on est trés vite pris par l'ambiance et l'histoire de la ville de Potosi.
 

En plus il y a la fête de la ville dans quelques jours et c'est le grand nettoyage!!!
 
 On monte boire un verre sur les toits.... spécial, certes
mais quel beau point de vue

Créee en 1545, elle fut la seule ville à recevoir ( de Charles Quint ) le statut de ville impériale et devint la plus grande ville des Amériques. Elle fut aussi importante que Paris et Londres, grâce à la présence du Cerro Rico, " la colline riche" dont le ventre était rempli d'argent.
 
Pendant plus de trois siècles, les espagnols exploitèrent la mine d'argent du Cerro Rico, le gisement le plus important du monde. L'argent extrait servi à financer l'économie espagnole, ses guerres, le train de la cour... mais profita aussi à toute l' Europe. Pour les historiens, l'apport de cet argent fut une des conditions qui permit le développement du capitalisme et la révolution industrielle dans les pays européens. 
 
Pendant plus de trois siècles, les indiens et les africains moururent dans les mines dans des conditions atroces. On estime à 8 millions le nombre de morts durant cette période, morts provoquées par accidents ou par maladies.  Les conditions de travail étaient inhumaines. Comme il fallait toujours plus d'argent, les espagnols édictèrent une loi , la ley de la mita, obligeant les esclaves indiens et africains de plus de 18 ans à travailler 12 heures par jour, gratuitement bien sur! !! . Pendant 4 mois, ils ne sortaient pas de la mine, travaillant, mangeant, dormant à l'intérieur, s'empoisonnant au mercure, mourant de la silicose. Au bout de 4 mois, ceux qui en réchappaient sortaient les yeux couverts pour que leurs yeux ne soient pas aveuglés par la lumière du soleil.
 
Aujourd'hui la mine continue d' être exploitée mais il n'y a pratiquement plus d'argent. D'autres minerais et métaux comme l'étain, le zinc ou le plomb l'ont remplacé. Les mines sont organisées en coopératives, mais le rendement étant faible et le prix des métaux suivant les cours du marchés qui s'effondrent régulièrement, les mineurs sont loin de faire fortune. Le matériel, explosifs y compris, carburant pour l'éclairage etc .... sont à déduire de leurs maigres salaires. Et même si chaque soir, ils quittent les entrailles de la terre pour rêver d'un autre destin sous un ciel étoilé, les conditions de travail sont toujours aussi terribles. Dés lors qu'il descend dans la mine, le mineur sait que sa vie n'excèdera pas 10 à 15 ans.  
 
Alors pourquoi? pourquoi vont ils à la mine? .... l'espoir de trouver un bon filon, la tradition d'être mineur de père en fils, le fait d'avoir un travail......Alors chaque matin, ils achètent chacun un sac de coca pour y puiser la force nécessaire.
 
Les tour - opérateurs de Potosi proposent la visite des mines. Evidemment, la démarche n'est pas facile. Est ce que ce n'est pas faire preuve de voyeurisme, est ce que ce n'est pas jouer au touriste qui de son confort quotidien va tenter de vivre 4 heures d'enfer ? mais ça peut aussi être une façon de savoir de quoi on parle, essayer de percevoir concrétement un peu de la terrible réalité de ces boliviens.
 
C'est parti, on part à la mine.....Aprés habillage obligatoire,( oh, ça rigole pas),
 

on achète coca, soda et dynamite pour offrir aux mineurs.
 
on part en chantant la chanson des sept nains, même si on n'est que 6......
 
On arrive sur place, l'entrée de la mine se trouve à 4300 mètres d'altitude....là on rigole encore....ça va pas durer longtemps.....
 

On pènètre dans la galerie, on essaie de ne pas glisser dans la boue, pour l'instant on tient debout. Il ne fait pas trop chaud.

On avance, petit à petit la hauteur du plafond baisse, on doit se plier en deux. Un bruit de tonnerre qui s'approche. Le guide nous fait plaquer à la paroi, c'est un wagonnet qui passe, poussé par des hommes au visage émacié et suant. 
 
Des vapeurs nocives nous prennent au nez et à la gorge.

Il faut mettre le masque et se protèger des poussières de silice, des gaz d'arsenic, d'acetylène, des poussières d'amiante.....On va descendre de 200 mètres,( les galeries descendent jusqu'à 400 mètres ), il commence à faire une chaleur etouffante et éprouvante ( on atteint 45° dans les galeries inférieures où heureusement nous n'irons pas !). Tout à coup je sens la panique qui m'étreint, à 4300 m, on respire mal, on se fatigue vite, je suis pliée en deux avec le masque qui me gêne pour respirer . On est à 2 heures de l'entrée, idem de la sortie, les galeries sont étroites. Angoisse. Je prends sur moi, j'essaie de retrouver une respiration normale et je me sermonne .... tout à coup, la hauteur revient, je peux me redresser, je respire, le calme revient. Bon dieu, quelle chance on a  de ne pas être né à Potosi .
 
Une chose qu'elle est belle...!!!!
 
On arrive devant un trou dans le mur de la galerie, cette fois on rampe carrément pour arriver dans une petite caverne. Les mineurs croient au diable, qui vit sous terre. 

 Alors ils lui donnent une image

et pour que celui-ci les protège et leur soit bienveillant, ils font des offrandes. Les mineurs lui offrent cigarettes, alcool et feuilles de coca.

 Le vendredi est le jour des offrandes et c'est aussi l'occasion d'oublier leur malheureuse vie en partageant un peu d'alcool avec le Tio comme ils l'appellent. Et chaque année a lieu une fête pendant laquelle les mineurs demandent la protection de la Pachamama. Elle aussi a droit aux feuilles de coca et à l'alcool. Ils sacrifient également un lama dont le sang va être répandu autour de l'entrée de la mine. L'estomac, les pattes et la tête du lama sont enterrés en offrande à la terre mère. Ensuite, ils font un bon barbecue avec la viande. 
 
Enfin, on se retrouve à l'air libre, 4 heures sous terre, c'est amplement suffisant.

 On se demande comment les hommes qui y séjournaient 4 mois pouvaient tenir sans devenir fous. Moi, je serais devenue folle à lier, c'est sûr....
 
On est tous un peu perturbés, un peu secoués, nos visages le prouvent. On se dit qu'on n'oubliera pas. Avoir lu Germinal, c'est une chose, toucher du doigt la réalité en est une autre. On a bien fait d'y aller.
 
Maintenant on va profiter de la ville. Les mines firent sa richesse.De cette période de splendeur, il reste des monuments magnifiques dont l'hotel des monnaies

et 80 églises......

Charles Quint  lui
donna pour devise
" Je suis la riche Potosi, le trésor du monde, la reine des montagnes et la convoitise des rois"........ Quel aurait été le destin du monde si le Cerro rico avait gardé son secret ?
 
On se prépare pour le clou du voyage, le salar d'Uyuni et le Sud Lipez......à suivre
 
 
       
 
 
 
    
 
 
 
Par plume de lune
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 3 mars 2009
"La Bolivie, c'est le pays le plus riche du monde et le plus pauvre aussi"
Et non, ce n'est pas une énigme du sphinx, ce n'est que la triste réalité d'un merveilleux pays, énoncée par un ancien mineur de Potosi...... mais je ne vais pas anticiper, on va commencer par le début.

De Puno au pérou, la frontière bolivienne est toute proche.
 
 
 Il suffit de longer le lac Titicaca pendant 3 heures et nous arrivons à Copacabana, petite ville bolivienne qui traîne sa plage le long du lac.

 
Il parait que c est suite à la promesse d'un marin égaré au large du Brésil que la célèbre plage de Rio porte le nom de cette ville....où s'arrête la réalité et où commence la magie des légendes ? Copacabana est une petite ville tranquille aux moeurs religieuses un peu bizarres....Ici, on ressent d'emblée  le mélange des croyances. Le christianisme inculqué de force aux indiens n'a pas prit le pas sur les religions indiennes. Le culte à la Pachamama ( la terre mère ) et autres dieux est aussi répandu que le sont les cérémonies chrétiennes dans les grandioses églises sud américaines.

 
Notre arrivée en Bolivie est haute en couleurs. C'est avec stupeur que nous assistons  au déroulement d'un baptême de voitures. Et oui, tous les jours un prêtre, vêtu des habits sacerdotaux, baptise les véhicules sur la place principale de la ville devant la magnifique cathédrale.
 

Voitures, cars, pelleteuses etc...aprés avoir été savamment décorés, ont tous droit à leur petit coup de goupillon d'eau bénite, alors que les propriétaires, eux, se "goupillent" le gosier à la bière!!!!! Les nombreuses bouteilles alignées devant les véhicules témoignent que la cérémonie est bien bien arrosée!!
 
Un chemin de croix amène les courageux au sommet d'une petite éminence.

 Là aussi on ne comprend pas trés bien ce que font les femmes et les hommes qui brûlent objets et papiers sur des "autels" improvisés. Ils ont l'air de se recueillir avant de redescendre. D'autres arrivent et se consacrent à une cérémonie identique. Ce va et vient discret nous interpelle. Là aussi de nombreuses bouteilles de bières vides.
Une famille bolivienne installée prés de nous va nous fournir l'explication. Les gens viennent ici,( par le chemin de croix !!!!), apportent des offrandes à la Pachamama, leur mère à tous, et brûlent objets divers et demandes écrites afin que celle ci exauce leurs voeux ou bien la remercient ainsi d'avoir répondu favorablement à leurs prières.... De même un mariage auquel nous assistons à la cathédrale est un savant mélange des deux croyances.

On est quand même bien dépaysé. Tout cela nous rappelle que le lac Titicaca fut un lac sacré des incas et que ce haut lieu de culte a conservé sa magie jusqu'à aujourd'hui.
 
Il est vrai que l'image de cette étendue d'eau au milieu de hautes montagnes dont certaines sont enneigées, a déjà quelque chose de magique. La civilisation inca ainsi que celles qui l'ont précédée pensaient que leurs divinités étaient issues des eaux du lac. Vous imaginez le soleil naissant, jaillissant des eaux et glissant jusqu'au ciel d'où il régnera sur les hommes.... Justement, on va aller passer 2 jours sur l'île du soleil et tenter de pénétrer cette magie.

 Un bateau nous laisse au pied de l'île.
 
De là un escalier inca qui compte plus de 800 marches mène au village de Yumani.
 
Au fur et à mesure, la vue sur le lac embellie.
 Il est difficile d'apercevoir les sommets alentour dont un, le l'Illampu, domine à 6368 mètres.
 
De curieuses embarcations à voile se déplacent sur les eaux. Le soir on va s'installer et admirer dans un véritable recueillement un magnifique coucher de soleil,
 
 
avant d'aller manger, en compagnie de Marie et Florent, une truite du lac accompagnée d'un petit vin bolivien.

 Et oui pour ceux qui ne le savent pas les boliviens cultivent des vignes notamment dans la région sud de Tarija et certains vins comme le conception sont reellement trés bons. Et il y a d'excellentes truites dans le lac!!
 
On déplore un peu le côté "je profite des touristes" de l'île: prix majorés pour le logement, droits de passage à différents endroits de l'île.... Tout cela enlève un peu de poesie au site, mais c'est la rançon de la notoriété. En creusant un peu notre sentiment de déception, on se dit que c'est peut être plutôt le rapport avec les boliviens qui nous perturbe. Depuis notre arrivée en Amérique du sud, on a rencontré que des gens chaleureux, même au Pérou où le tourisme est une véritable économie. Les boliviens sont dans l'ensemble moins conviviaux. Mais, peut être s'agit il d'une attitude de reserve. Il y a 20 ans en arrière, les indiens ne regardaient pas les blancs quand ils leur adressaient la parole. Empreinte de la colonisation?....    Sur l'île du soleil, on se heurte à des gens plutot pas trop sympas.On a perdu l'habitude, l'Amérique du sud est un vrai plaisir question relations humaines!!!
On va quand même se faire de belles promenades dans l'île même si nous évitons les chemins principaux et ratons les sites archéologiques. On va plutôt découvrir le côté sauvage de l'île et nous ne sommes pas déçus par les paysages.

 
Tiahuanaco se trouve à une vingtaine de kilomètres du lac. Une civilisation bien mystérieuse aurait occupé le site entre 700 av JC  et 1200 aprés JC, période à laquelle celle ci disparait. Ce qui est certain, c'est que cette civilisation fut brillante : connaissances astronomiques, ingénierie hydraulique, travail des métaux, techniques agricoles, connaissances architecturales ...et tout ce que nous ne saurons pas, puisque le site a été pillé, dévasté, les trésors dispersés au travers la planète ou détruits. Les plus gros blocs de pierre ont servi de soubassement aux monuments coloniaux ou ont ete utilises pour stabiliser le terre plein de la ligne ferroviaire de la Paz. Peut être un espoir: une toute petite partie seulement du site a été fouillée.... Il s'agirait de la plus grande réalisation architecturale mégalithique préinca d'Amérique du sud.



L'originalité des ruines a donné naissance a des lègendes de géants, d'extraterrestres et a inspiré Hergé pour son album Tintin et le temple du soleil.
 
 
La Paz, la plus haute capitale du monde est surprenante. Nous arrivons en car par une grande plaine.

Tout à coup apparaît la ville. Accrochés aux parois d'une gorge, des milliers de maisons en briques s'étagent de 4000 M.d'altitude  jusqu'au fond du ravin à 3200 M. La vue est à couper le souffle.

2 millions et demi de personnes vivent ici. C'est une ville épuisante, ça grouille de partout, les rues sont occupées par des milliers de véhicules qui klaxonnent en continue, les trottoirs sont noirs de monde, l'air est irrespirable....mais c'est une ville envoûtante.

 Dans son centre ville, nous avons aimé déambuler rue aprés rue dans une atmosphère incroyable. Les marchés et les trottoirs qui nous  rappellent l'Afrique, 
 

le quartier des sorcières ou celles ci vendent foetus de lamas, becs de toucans, bestioles bizarres, amulettes, herbes medicinales...... c'est comme nos sorcières du temps jadis....
 
Je vous grossis la scène.....
Quand on construit une maison, on place un foetus de lama dans les fondations, ça porte bonheur!!
de beaux bâtiments de temps à autre.

On avait quand même la chance de rejoindre chaque soir, éreintés, un petit hotel calme, avec chambre donnant sur un patio.... 
 
Malgré son nom,( La Ciudad De Nuestra Senora De La Paz,) cette ville a été le thêatre de bien des violences, l'histoire politique de la Bolivie étant aussi étourdissante que cette ville. 190 changements de président depuis 1825, date de son indépendance, dont beaucoup ont quitté le palais présidentiel les pieds devant......beaucoup de dictatures, de tortures, de disparitions. Le  XIXème siècle a vu le pays se réduire de moitié par la voracité de ses voisins. L'accés à la mer lui fut supprimé par le Chili qui s'empara du désert d'Atacama et de son or, son salpêtre et son cuivre. Au nord les bois d'hévéas leur furent enlevés par les Brésiliens réduisant à néant l'exploitation du caoutchouc, l'Argentine et le Paraguay enlevèrent le sud du pays où on avait découvert des gisements de pétroles. Le XX ème siècle a été marqué par la lutte d'un peuple esclave ( mines, agriculture etc...) pour se libérer du joug des barons des mines, des grands propriétaires terriens et des entreprises étrangères et retrouver la dignité qu'un véritable système féodal leur empêchait de recouvrer. La dignité humaine, certes, mais aussi celle de leur pays. Alors ce furent la création de mouvements révolutionnaires, des combats de rues, des insurrections, des morts, beaucoup de morts, celle du Che, exécuté dans le maquis Bolivien... Des résultats parfois, mais la corruption régnait en maître et le marasme économique était tel que la difficulté de relever le pays était un véritable défi.
 
Aujourd'hui, le défi, c'est un indien Aymara qui l'a lancé. Evo Morales, élu président de la Bolivie en 2005.
 
La cérémonie d'investiture a eu lieu à Tiahuanaco, haut lieu de la symbolique indigène, où il a été intronisé chef suprême des indiens des Andes. Les indiens relèvent la tête. Ensemble ils essaient de retrouver leur culture, leurs traditions,leur identité indigène et leur dignité. Ce mot on l'a vu inscrit à la peinture sur des centaines de murs comme si c'était le principal espoir qu'il fondait en Evo. " Evo rend nous notre dignité". Réformes agraires, réformes démocratiques, une nouvelle constitution en préparation, c'est un pays qui bouge...
 
Mais ce n'est pas non plus un conte de fées, Morales dénonce les ingérences étrangères, s'efforce de reprendre le contrôle des ressources naturelles du pays, nationalise l'industrie énergetique de la  Bolivie. Si les indiens sont avec lui, les boliviens criollos de l'est du pays, où se trouvent le gaz et le pétrole veulent leur autonomie et de nombreux conflits violents ont secoué le pays. Ceux ci sont soutenus par les américains. Cette année, Morales a mis dehors l'ambassadeur américain.  Les Etats Unis souhaitent l'éradication de la coca, pour eux c'est le produit qui sert à la fabrication de la drogue. Pour les indiens la coca est une plante sacrée depuis la nuit des temps, c'est une plante médicinale intéressante pour ses différentes vertus et les boliviens l'utilisent pour lutter contre les méfaits de l'altitude, la fatigue du travail dans les mines par exemple. Morales veut rendre la culture de la coca de nouveau licite. Et puis moi je me dis que la coca y'en a plein le coca-cola, alors c'est quoi cette hypocrisie américaine.......et puis une tisane de coca le soir aprés le repas, ça fait digèrer, alors quoi......!!! 
 
Il y a vraiment trop à dire sur cette Bolivie méconnue, alors suite du voyage sur le prochain article. Pour l'instant je m'accorde un repos avec Maté de coca......
 
   
 
 
    
Par plume de lune
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus